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Marc-Vivien Foé : l’amour de l’art
Une exposition lui rend hommage à l’Unesco
Le Cameroun organise jusqu’au 12 novembre, à l’Unesco, à Paris, une exposition de peinture en hommage à Marc Vivien Foé. Une façon pour la communauté camerounaise en France d’honorer la mémoire du regretté footballeur, grand amateur d’art, en attendant d’autres festivités à venir.

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  mercredi 5 novembre 2003 / par Saïd Aït-Hatrit

La République du Cameroun organise jusqu’au 12 novembre prochain, à l’Unesco, à Paris, une exposition intitulée « La couleur et la foi - hommage à Marc Vivien Foé ». Pourquoi une exposition de peintures pour honorer la mémoire du grand footballeur camerounais, décédé en plein match international le 26 juin dernier ? Marc Vivien Foé, qui a évolué dans les plus grands clubs français et anglais, était également un grand amateur d’art et allait jusqu’à donner de son temps et de son argent pour promouvoir ce qu’il aimait. Cependant, « l’exposition n’a rien à voir avec sa passion pour l’art », explique Patrice Mbella, commissaire de l’exposition. « Nous voulions simplement rendre hommage à un compatriote. Un match de gala est organisé pour sa mémoire, ainsi qu’un concert que conduira Manu Dibango et dont la date n’est pas fixée. Alors le monde de l’art plastique a également voulu rendre son hommage. D’autant plus que la communauté camerounaise en France n’a pas encore organisé de manifestation marquante à sa mémoire, autrement que par le biais de la Fifa, à Lyon ».

Six artistes camerounais - Jean Kwam Tawadje, Ambroise Eya’a Enama, Benjamine Dong Dahndah, Made Jong, Faison Hilarion Wirdzeka et Francis Mbella - sont présents sur l’exposition. Leurs toiles, précise Patrice Mbella, n’ont aucun rapport avec le football ou avec Foé. 50% de leur vente seront consacrés à la réalisation d’une œuvre d’art à la mémoire de Marc Vivien Foé, à Yaoundé.

Footballeur mécène

Didier Medza est un artiste plasticien sorti de l’école des Beaux-arts de Mbalmayo, au Cameroun. En 2000, il retrouve son ami d’enfance, Marc-Vivien Foé, lors d’un match international joué au Cameroun. Le footballeur tombe sous le charme d’un tableau que Didier lui offre et lui propose de financer ses études à Lyon, où il évolue. « C’était d’abord un artiste. Le sport est déjà un art », explique Didier Medza, pour justifier la tenue de l’exposition. Avant d’ajouter : « Il aimait l’art. Aucun style en particulier. Il fallait que les œuvres touchent à sa sensibilité. Il avait une collection personnelle, achetait tout ce qui l’intéressait et je lui peignais des toiles. Mais il fallait avant tout que ça le touche ».

Le footballeur ne pratiquait pas pour autant la peinture avec sérieux. « On s’amusait. On peignait, on faisait des toiles avec ses enfants. C’était une façon de se distraire. De toute manière, il n’avait pas le temps de s’y consacrer », se souvient Didier Medza. Quant à la théorie et à l’histoire de l’art, les longues discussions avec son compatriote venaient combler les manques de Marc Vivien Foé. Sa passion pour l’art ne s’arrêtait d’ailleurs pas à la peinture, raconte Didier Medza, qui se souvient que Foé a également permis à des musiciens de sortir des albums. Des centres d’intérêt loin d’être inattendus, et qui collent parfaitement à l’image du géant camerounais, dont émanait un calme et une sagesse extraordinaire.

La Ligue professionnelle de football (France) organise le 11 novembre prochain une rencontre en l’honneur de Marc Vivien Foé. Ce match, dit « de l’amitié », verra s’affronter à Gerland l’équipe nationale camerounaise et une sélection Lyon-Lens-manchester-City, où a évolué le regretté milieu de terrain, renforcée de nombreux autres joueurs internationaux.


Cameroun

dossier : Marc Vivien Foé

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