Libye
Khadafi sur la touche
Trois mois de suspension pour dopage
L’attaquant du club italien de Pérouse, Al Saadi Khadafi, a été condamné jeudi à trois mois de suspension après un contrôle anti-dopage positif. La décision affectera sans doute assez peu la carrière du fils du Guide de la Révolution libyenne, qui, depuis son arrivée en Ombrie, en juin dernier, n’a jamais été aligné en championnat.

La carrière de l’International libyen Al Saadi Khadafi n’est pas prête de décoller en Europe. L’attaquant de terrain offensif de Pérouse a été condamné jeudi à trois mois de suspension par le Comité olympique italien (Coni). Il avait été contrôlé positif au norandrostérone, le 5 novembre dernier, à l’issue d’un match qu’il avait regardé depuis le banc. Son président, Luciano Gaucci, avait immédiatement pris sa défense en mettant en cause des médicaments que le joueur aurait prit pour soigner son mal de dos. Le principal intéressé se contentant d’expliquer qu’il ne savait pas ce qui avait pu se passer, mais qu’il ferait tout pour le découvrir. Après vérification, Al Saadi avait confirmé avoir subi une thérapie médicale à base de corticostéroïdes, en Allemagne, pour soigner son dos. Il avait même renoncé à une contre-analyse qui aurait pu lui coûter une suspension encore plus lourde. L’attaquant sierra léonais de l’Inter de Milan, Mohammed Kallon, a ainsi pris huit mois de suspension après que son contrôle au norandrostérone ait été confirmé.

Reste que la suspension sera sans doute sans conséquence sur la carrière de l’International libyen, qui à trente ans n’a jamais réussi à gagner sa place à Pérouse. Depuis son arrivée en Ombrie, en juin dernier, il n’a jamais joué au cours d’un match de Serie A (première division italienne). Il a été élu second plus « mauvais joueur » du foot italien 2003 par les téléspectateurs de la RAI, derrière le Brésilien Rivaldo - un classement qui doit plus à la réputation qu’aux réelles possibilités techniques. Jusque-là, ses douleurs au dos avaient effectivement expliqué son non-alignement en championnat, explique le quotidien sportif italien La Gazzetta Dello Sport. Le club italien dispose là d’une nouvelle excuse pour ne pas faire évoluer son prestigieux joueur. Celui-ci trouvera néanmoins sans difficulté de quoi s’occuper ailleurs. En dehors des terrains.

Le football, un passe temps

« Son arrivée à Pérouse était juste un coup médiatique. Elle permettait de faire parler du club et de la famille Khadafi », estime Baba Wamé, journaliste sportif à Afrique Football. Le fils du Guide de la Révolution libyenne, Muhammar Khadafi, est surtout actionnaire de son nouveau club. Le président Gaucci avait d’ailleurs beaucoup insisté pour sa venue. Al Saadi a pu faire ses preuves de grand argentier dès octobre 2002, lorsqu’il est entré à hauteur de 7,5% dans le capital de la « Vieille dame », le mythique club turinois de la Juventus, par l’intermédiaire de la société d’investissement libyenne Lafico (Libyan Arab Foreign Investment compagny). Il a démissionné en octobre 2003 du Conseil d’administration du club pour cause d’incompatibilité avec ses nouveaux engagements.

Avant son arrivée en Italie, Al Saadi Khadafi était président du grand club libyen de l’Al-Ittihad de Tripoli, onze fois champion national mais jamais couronné sur le continent. Egalement joueur par intermittence, il est parvenu en 2002 à recruter l’International camerounais Patrick M’Boma et l’ancien Super-Eagle Viktor Ikpeba. Une tentative pour remédier à cette absence de résultats sur le plan africain. Vice-président de la Fédération libyenne de football, le sportif des fils Khadafi est également le maître d’œuvre du projet libyen d’organisation de la Coupe du monde 2010. Un poste où il n’hésite pas à faire état de son point fort, l’argent et ses relations : « Nous allons affecter six milliards de dollars à cet événement. A part l’Afrique du Sud, qui sera notre seule menace, je ne vois aucun concurrent sérieux », avait-il affirmé en juin 2003. C’est aussi en mettant en avant ses relations qu’il avait annoncé sa volonté de briguer le fauteuil de président de la Confédération africaine de football (Caf), en mai 2003, avant de se désister.


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