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Angolagate : la fin d’un procès fleuve
Le jugement du tribunal correctionnel de Paris est prévu pour l’automne
Cinq mois. C’est le temps qu’il a fallu pour que le procès de l’Angolagate arrive à son terme. La dernière audience a été marquée, ce mercredi, par les plaidoiries des avocats de l’homme d’affaires français, Pierre Falcone, l’un des principaux accusés. Quarante deux personnes dont d’imminentes personnalités françaises ont comparu pour leur présumé implication dans un trafic d’armes vers l’Angola entre 1993 et 1998. Le jugement du tribunal est attendu le 27 octobre prochain.
Le procès de l’Angolagate, considéré comme l’un des plus importants trafics d’armes du XXe siècle, s’est achevé ce mercredi au tribunal correctionnel de Paris. Il a été clôturé par les plaidoiries des avocats de l’homme d’affaire français, Pierre Falcone, l’un des deux principaux prévenus. Une quarantaine de prévenus au total ont comparu pendant les cinq mois d’audience. Mardi, ce sont les avocats de l’Israélien d’origine russe, Arcadi Gaydamak, l’autre principal prévenu dans cette affaire qui ont été entendus par les juges. Leur ligne de défense a été : « le mensonge d’Etat », rapporte ce mercredi Libération. Selon Me Pierre Haïk l’un des avocats de M. Gaydamak, « François Léotard, l’ancien ministre de la Défense, a menti ; Alain Juppé, ancien ministre des Affaires étrangères, a menti ; Edouard Balladur, ancien Premier ministre, a menti. Qu’ont-ils cherché à dissimuler ? » D’après lui, « la charge la plus importante qui risque de plaider contre M. Gaydamak, c’est son absence. Il a compris qu’il serait confronté à la raison d’Etat ou au mensonge d’Etat. » Arcadi Gaydamak aurait quitté la France en 2000 et n’y est, depuis, plus revenu. Le 11 février, Romain Victor, le procureur de la République, avait requis six ans de prison ferme et une amende de 5 millions d’euros contre l’homme d’affaires d’origine russe. Il avait demandé la même peine contre le français Pierre Falcone avec une amende de 375 000 euros. Pour les autres prévenus, les réquisitions sont contrastées. Jean-Charles Marchiani, l’ancien agent secret et ancien préfet français encourt ainsi dix-huit mois ferme, Jean-Christophe Mitterrand, fils de l’ancien président socialiste, un an de prison. 18 mois de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende ont également été requis contre l’écrivain Paul-Loup Sulitzer. Pour Jacques Attali, l’ancien conseiller de François Mitterrand, le procureur a demandé la relaxe. Celui-ci était accusé de « trafic d’influence passif » et « recel d’abus de biens sociaux ». Six ans ferme requis contre Falcone et Gaydamak Ce réquisitoire prononcé, des questions demeurent sur son applicabilité notamment en ce qui concerne les sieurs Falcone et son associé Gaydamak. Le premier est protégé par une immunité diplomatique en raison de son titre d’ambassadeur angolais de l’Unesco. Arcadi Gaydamak, quant à lui, est refugié en Israël. En plus, le présumé trafic d’armes pourrait ne pas être justifié puisqu’en réalité aucune munition n’a transité par la France. C’est l’un des arguments avancés par la défense. Ils sont confortés dans cette position par l’actuel ministre français de la Defense, Hervé Morin. Celui-ci a adressé un courrier à la justice dans laquelle il soutenait qu’en l’absence de transit par le territoire français, la législation nationale sur le commerce des armes « ne s’applique pas à l’activité exercée par M. Falcone ». Il faut enfin noter que ce procès survient à un moment où la France cherche à renouer ses relations avec l’Angola doté d’importantes réserves pétrolifères. La raison d’Etat l’emportera-t-elle sur la justice ? En octobre, au début du procès, Luanda avait déposé un recours pour empêcher la tenue de ce procès bien qu’aucun dirigeant angolais ne comparaissait. D’après l’Angola, les droits liés à sa qualité d’Etat souverain ont été bafoué dans ce procès. Les autorités du pays ont ajouté que « Pierre Falcone a agi comme un représentant du gouvernement, avec tous les pouvoirs requis pour conduire les opérations dont il était chargé et que pour tous les actes qui lui sont imputés par la procédure, il n’a fait qu’exécuter et se conformer à ses directives. » Le tribunal correctionnel rendra son jugement le 27 octobre. Lire aussi :
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