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L’immigration : cheval de bataille de Nicolas Sarkozy à l’Union européenne
Il veut faire barrage à « 475 millions de jeunes Africains »
Le nouveau Président de l’Union européenne veut faire de la politique d’immigration une de ses « premières priorités ». Nicolas Sarkozy entend mettre en place un pacte européen sur l’immigration. Son ministre chargé du dossier, Brice Hortefeux, a déjà préparé le terrain.

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  mardi 1er juillet 2008 / par Mamaye Idriss / 7 réactions

« On est dans l’espace Schengen. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’on peut passer sans visa d’un pays à l’autre. Quand un pays d’Europe régularise, ces personnes peuvent se rendre en France (...) On ne doit pas pouvoir régulariser massivement, ou alors avec l’accord des autres pays. »En ouverture de l’émission d’actualité Le 19/20 de France 3, lundi soir, Nicolas Sarkozy s’est employé, une heure durant, à fixer le cap de la présidence française de l’Union européenne qui a démarré aujourd’hui. Point central de sa politique : le projet de Pacte européen sur l’immigration qu’il entend défendre.

Derrière ce Pacte, Nicolas Sarkozy souhaite entraîner ses partenaires européens vers sa conception d’ « une immigration choisie » : une immigration de travail définie selon « les besoins et les capacités » d’accueil des étrangers dans le pays. Il aspire ainsi à ce que la règlementation sur l’immigration, restée, jusqu’à présent très différentes d’un pays à l’autre, suive une législation commune ou, tout du moins, connaisse un certain rapprochement. Comme ce dernier s’ingéniait à le dire sur France 3 hier : « Le oui ou le non d’un pays doit valoir pour les autres ». Les motivations de ce Pacte ? Le président français n’a pas de mal à rappeler à qui mieux mieux que quelque « 475 millions de jeunes Africains qui ont moins de 17 ans » menacent de quitter un continent éloigné de l’Europe de seulement « 14 kilomètres au Détroit de Gibraltar ».

Les grandes lignes du pacte européen sur l’immigration

L’immigration est de ce fait l’une des quatre priorités de la présidence française, avec l’énergie et le climat, la politique de défense et la réforme de la PAC (Politique agricole commune). Le pacte européen, cher à Nicolas Sarkozy, doit répondre à cinq priorités organiser l’immigration légale, lutter contre l’immigration irrégulière en interdisant les régularisations massives (comme avaient pu le faire l’Espagne et l’Italie il y a quelques années), améliorer l’efficacité des contrôles aux frontières, poser les fondements d’une Europe de l’asile et enfin, favoriser le développement solidaire.

L’adoption du Pacte devrait avoir lieu lors du sommet européen d’octobre 2008 à Bruxelles. A travers ce pacte, différentes propositions nouvelles émergent. Nicolas Sarkozy y prône ainsi l’organisation de « vols conjoints » pour procéder aux expulsions. L’idée d’une « carte bleue » à l’image de la « green card » américaine, pour gérer les besoins d’immigration européenne y est proposée. Tout semble porter à croire qu’à travers l’élaboration du pacte pour l’immigration, Nicolas Sarkozy souhaite étendre le modèle de la politique d’immigration française à l’Union européenne. Cependant, certaines questions restent une fois de plus sur la touche. Notamment celle des sans-papiers qui multiplient ici et là, les grèves de la faims, les manifestations et autres épreuves de forces, tel l’incendie au centre de rétention de Vincennes le mois dernier, tentant de légitimer ainsi leur existence sur le territoire européen.

Une longue préparation en aval

Paris a préparé ce dossier bien en aval de sa présidence. Le ministre français de l’Immigration, Brice Hortefeux, a déjà rencontré ses homologues des Vingt-Sept et les députés responsables de l’immigration au parlement européen. Un premier projet de pacte avait été transmis aux capitales dès janvier. Et, s’il a parfois suscité des réserves, aucune contestation de fond n’a été émise. La Commission européenne a donné son appui général aux propositions françaises.

Auparavant, les 27 ministres européens de l’Intérieur sont tombés d’accord sur la directive dénommée « retour » que M. Sarkozy n’a pas manqué de saluer, la qualifiant d’ « exemple de démocratie ». Cette directive « retour » votée en avril dernier demandait aux Etats membres de reconduire dans leur pays d’origine toute personne en situation irrégulière. Il s’agissait donc là d’une mesure dans la lignée de la politique de Nicolas Sarkozy qui gagnait déjà là une première victoire.

La rencontre du Premier Ministre français, François Fillon, avec son homologue espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, vendredi dernier, n’a pas manqué de faire évoluer leurs différends sur la question. En effet, un texte sur l’immigration a été adopté, conciliant les approches françaises et espagnoles sur l’immigration. Dossier, qui, avait provoqué des frictions par le passé entre Paris et Madrid.

Tout semble donc aller bon train pour Nicolas Sarkozy sur ce sujet. Paradoxalement, le « non » irlandais au traité de Lisbonne pourrait accélérer l’adoption des textes liés à la question migratoire. Le traité de Lisbonne n’ayant pas été ratifié, les gouvernements peuvent avoir libre cour pour faire voter des lois sans l’amendement du Parlement européen.

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