Sida : l’Afrique lutte contre l’extermination de ses peuples

Tout -ou presque – ce qu’il faut savoir sur le sida en Afrique. Le dossier spécial de la rédaction, à la veille de la treizième journée mondiale de lutte contre l’épidémie.

Plus de 25 millions d’Africains sont atteints du sida sur un total de 36, 1 millions de personnes dans le monde. Ni l’aridité des chiffres et ni l’émotion contenue de la parole ne suffisent à prendre la mesure de ce cataclysme qui touche l’Afrique subsaharienne. Car cette catastrophe ne perd pas en ampleur. Et les avancées paraissent bien maigres à l’échelle d’un continent, face à l’entreprise de dévastation qui touche 4 millions de nouveaux Africains chaque année, en tuant dans le même laps de temps, deux millions. Autant que les morts italiens et français de la Première guerre mondiale. Chaque année.

A ce rythme, certains pays comme le Botswana ou le Rwanda, vont tout simplement disparaître. L’actuel président du Botswana n’a pas hésité à dire, dans un discours solennel empreint de cette gravité inhérente aux heures les plus graves :  » Nous sommes à la veille de la disparition de notre nation « .

A la veille (justement) de cette 13e journée mondiale de lutte contre le virus, l’ensemble des acteurs concernés par cette maladie vont se rencontrer, s’interpeller, négocier sur les mesures à prendre pour lutter contre cette épidémie. Le spectre des enjeux est aussi large que celui des conséquences du sida sur la société humaine. Mais l’un des plus cruciaux sera celui de l’accès aux médicaments et, in extenso, celui de la possession des brevets.

Les accords commerciaux de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) stipulent que les brevets déposés par les firmes des Etats signataires tombent dans le domaine public au bout de 20 ans.  » Parce que quelques sociétés occidentales ont déposé des brevets sur les médicaments qu’ils ont inventés, deux millions d’Africains meurent chaque année « , hurlent certaines associations de lutte contre le sida. Bien vite relayées par des propos, certes plus modérés, des responsables internationaux. Ainsi, le Pr Piot, directeur général d’Onusida, l’organisme de l’Onu chargé de combattre la maladie au niveau mondial, affirmant dans le quotidien français Le Monde :  » Il faut un  » New Deal  » entre l’industrie pharmaceutique et les pays les plus touchés « .

New Deal, sans doute. Mais en attendant les résultats des tractations au sommet, des Etats définissent des stratégies de lutte différentes, des gens simples, héros dignes de la fresque camusienne, La Peste, luttent sur le terrain avec une détermination admirable au regard des moyens dérisoires dont ils disposent. Cette réalité, nous avons voulu (aussi) la montrer dans ce dossier, à côté des origines du fléau et des enjeux qu’il soulève. Puisse votre lecture rendre hommage à leur courage et servir (un peu) leur cause.

Le sida aujourd’hui :

 Des origines africaines

Les femmes victimes entre les victimes

La misère, meilleure alliée du sida

15 ans de conférence internationale. La mort à la louche, les solutions à la petite cuillère

La vraie/ fausse nouvelle de la baisse des contaminations en Afrique

Une guerre longue et difficile :

 Kinshasa, le traitement par le vide

Maroc : une association sur tous les fronts

Kenya : lutter contre la honte

La médecine traditionnelle en question

Pourquoi les institutions internationales choisissent la prévention

Les obstacles à la protection au Sénégal

– Mobilisation lycéenne à Abidjan

Un désastre démographique :

 Les élites africaines décimées

– La catastrophe démographique en Afrique australe

– Les orphelins du sida

Sida : la maladie de toutes les inégalités

 Le risque d’un vaccin à deux vitesses

– Impossible réquisition des brevets, selon un juriste spécialisé

– Selon Act Up, il faut changer les règles de l’OMC

– Pourquoi l’Afrique australe refuse les prêts américains

Ces pays qui fabriquent des médicaments en dépit des lois internationales

Nord et Sud menacés par le tourisme sexuel

 Grosses inquiétudes au Sénégal

– Côte d’Ivoire : de l’éthique au sanitaire