Sida : la fausse bonne nouvelle de la baisse des cas de contamination en Afrique

Pied de nez des statistiques : la baisse constatée des taux de transmission du sida en Afrique indiquerait plutôt que la contamination atteindrait un horrible plafond arithmétique : quand tout le monde est malade, la transmission baisse. Effectivement.

Cela aurait pu être un signe d’espoir. Mais c’est une tragédie : les chiffres des nouvelles contaminations en Afrique sub-saharienne pour l’année 1999, annoncés par ONUSIDA, seraient passés en dessous de la barre des 4 millions de personnes, avec un nombre annoncé de 3, 8 millions  » seulement  » de nouveaux cas.

L’information avait été reprise par nombre de médias soucieux (sans doute) d’échapper aux notes apocalyptiques dans le traitement de la maladie en Afrique. Pour certains spécialistes, le mérite en revenait aux campagnes de prévention dans la région des Grands Lacs. Or, ce déclin ne serait pas imputable à une éventuelle stabilisation de la pandémie. Selon le tout nouveau rapport annuel de l’organisme dépendant de l’ONU, « l’épidémie a pris une telle ampleur chez les personnes en âge d’avoir une activité sexuelle, qu’elle laisse  » statistiquement parlant  » un pourcentage toujours plus faible de personnes capables d’être contaminées « . Dans la région des Grands Lacs où l’épidémie aurait commencé il y a une trentaine d’années, la maladie entamerait la phase finale de son oeuvre de destruction chez des populations en voie de disparition pure et simple.

Désastre consommé ?

En fait, il y a une mosaïque de foyers épidémiques à travers tous le continent. Et les experts ont tôt fait d’interpréter positivement les chiffres à la baisse, quand ceux-ci indiquent plutôt que le désastre est consommé.

Du reste, de grandes interrogations demeurent en ce qui concerne le développement de l’épidémie dans les deux géants de l’Afrique, le Nigeria et l’Afrique du Sud, qui  » pèsent  » à eux deux près de 150 millions d’habitants.

Sur les 36, 1 millions de personnes vivant avec le virus dans le monde, il y a 25, 3 millions d’Africains. Selon l’ONU, au moins trois milliards de dollars par an seraient nécessaires pour développer des programmes de lutte contre le sida.