L’Égypte prend la présidence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en février 2026.


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Drapeau de l'Egypte
Drapeau de l'Egypte

Depuis le 1er février 2026, l’Égypte assure, pour un mandat d’un mois, la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), principal organe chargé de la prévention, de la gestion et du règlement des conflits sur le continent africain. Une prise de fonction qui intervient à un moment critique pour l’Afrique, confrontée à une multiplication des crises sécuritaires, politiques et humanitaires.

Qu’est-ce que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine ?

L’Égypte a officiellement pris la tête du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine le 1er février 2026, dans le cadre du système de rotation mensuelle entre les quinze États membres de cet organe décisionnel permanent de l’UA. Ce mécanisme repose sur une rotation alphabétique parmi les membres élus et vise à garantir une représentation équilibrée au sein de l’architecture africaine de paix et de sécurité.

Le CPS est composé de 15 membres disposant de droits de vote égaux, élus par le Conseil exécutif et approuvés par la Conférence de l’Union africaine. Dix membres sont élus pour un mandat de deux ans et cinq pour un mandat de trois ans, avec possibilité de réélection immédiate, ce qui en fait un organe à la fois stable et représentatif. L’Égypte possède une solide expérience au sein de cette instance, ayant déjà siégé au CPS lors de quatre mandats : en 2006 et 2012 pour deux ans, en 2016 pour trois ans, et depuis 2024 pour un nouveau mandat de deux ans.

Un contexte continental particulièrement tendu

Le ministère égyptien des Affaires étrangères souligne que cette présidence intervient « à un moment critique, marqué par l’accentuation des défis sécuritaires, politiques et de développement sur le continent africain, dans un contexte régional et international complexe qui exige une coopération accrue et une mutualisation des efforts pour y faire face ». La montée des conflits internes, des transitions politiques fragiles et des crises humanitaires place le CPS au centre des réponses africaines en matière de paix et de sécurité.

Les dossiers prioritaires de l’agenda égyptien portent sur les situations au Soudan et en Somalie, deux théâtres majeurs de crise pour l’Union africaine. La délégation égyptienne indique que son programme prévoit des activités intensives concernant l’évolution de ces crises, tout en inscrivant son action dans une approche globale visant à consolider la paix, renforcer la stabilité et soutenir la gouvernance en Afrique.

Une ambition de redynamisation du CPS

Le Caire affiche sa volonté de renforcer l’efficacité du Conseil de paix et de sécurité en tant que principal mécanisme africain de prévention et de règlement des conflits. Durant ce mois de présidence, l’Égypte prévoit d’organiser des sessions thématiques portant notamment sur les liens entre climat, paix et sécurité, sur la reconstruction et le développement post-conflit, ainsi que sur le rôle de l’intelligence artificielle dans la gouvernance et la sécurité alimentaire.

La présidence égyptienne entend également aborder les défis liés aux transitions politiques dans plusieurs pays africains et au développement des capacités continentales en matière de médiation, de réconciliation et de consolidation de l’État de droit. L’objectif affiché est de redynamiser le CPS afin qu’il réponde plus rapidement et plus efficacement aux crises émergentes sur le continent.

Des principes directeurs réaffirmés

L’Égypte rappelle son attachement aux principes fondamentaux de l’Acte constitutif de l’Union africaine : respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, non-ingérence dans les affaires intérieures et promotion de solutions africaines aux problèmes africains. Ces orientations s’inscrivent en cohérence avec les objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui ambitionne une Afrique pacifique, intégrée et prospère.

La délégation égyptienne soumettra par ailleurs, lors du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, le rapport annuel sur les activités du Conseil de paix et de sécurité, lui offrant ainsi l’opportunité d’orienter les priorités continentales en matière de paix, de sécurité et de gouvernance démocratique. Ce rapport devrait mettre en lumière les principaux défis rencontrés par le CPS ainsi que les pistes de réforme envisagées pour renforcer son rôle au sein de l’architecture africaine de paix et de sécurité.

Franck Biyidi
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Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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