À Minneapolis, l’offensive d’ICE racontée depuis les communautés africaines


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Stop ICE raids Illustration
Stop ICE raids Illustration

Au cœur du Midwest américain, Minneapolis est devenue l’un des théâtres les plus visibles de la politique migratoire musclée menée par l’administration américaine. Dans cette ville où vivent d’importantes communautés africaines, notamment somaliennes et libériennes, les interpellations et arrestations attribuées à Immigration and Customs Enforcement (ICE) suscitent l’inquiétude. À travers quelques cas emblématiques, c’est toute une diaspora africaine qui se sent désormais sous pression.

Des Africains dans la ligne de mire

Le cas de Mubashir Khalifa Hussen a marqué les esprits. Ce jeune homme, d’origine somalienne et citoyen américain, affirme avoir été interpellé dans une rue de Minneapolis par des agents fédéraux masqués. Malgré ses protestations répétées sur sa nationalité américaine, il aurait été maintenu sous contrôle, sans vérification immédiate de son identité. Pour de nombreuses associations locales, cet épisode illustre un climat de suspicion généralisée qui touche d’abord les personnes perçues comme africaines ou musulmanes.

Dans une ville qui abrite l’une des plus importantes diasporas somaliennes au monde hors d’Afrique, ces pratiques sont vécues comme un retour en arrière. « On a l’impression que le simple fait d’avoir un visage africain suffit à justifier un contrôle », a confié un responsable communautaire. La peur ne concerne plus seulement les sans-papiers : même les citoyens ou résidents réguliers se sentent exposés à des contrôles arbitraires.

Le choc des méthodes et la riposte judiciaire

Un autre exemple, celui de Garrison Gibson, immigré originaire du Liberia, révèle la brutalité parfois reprochée aux opérations d’ICE. À son domicile du Minnesota, des agents ont forcé la porte pour procéder à son arrestation, avant qu’un juge fédéral ne considère l’entrée comme illégale, faute de mandat valable. Libéré une première fois, Gibson aurait ensuite été brièvement re-détenu dans une confusion administrative qui en dit long sur les dysfonctionnements du système.

Au-delà des cas individuels, une politique plus large a aussi visé des réfugiés africains pourtant légalement installés aux États-Unis. À Minneapolis, un juge a récemment suspendu une mesure permettant l’arrestation et le transfert vers des centres de détention lointains de réfugiés en attente de carte verte, parmi lesquels de nombreux Africains, souvent somaliens. Cette décision judiciaire a été saluée comme un garde-fou, mais elle n’a pas dissipé l’angoisse au sein des communautés concernées.

Des élus locaux, dont Ilhan Omar, dénoncent une politique qui, selon eux, stigmatise des populations déjà fragilisées. Pour les diasporas africaines, Minneapolis est ainsi devenue un symbole : celui d’une Amérique où la question migratoire se durcit, au risque de fracturer le lien entre l’État et des

Kofi Ndale
Kofi Ndale, un nom qui évoque la richesse des traditions africaines. Spécialiste de l'histoire et l'économie de l'Afrique sub-saharienne
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