CAN 2025, Prolongations : Pape Guèye ovationné par Villarreal et… Brahim Díaz


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Pape Guèye, l'unique buteur de la finale de la CAN 2025
Pape Guèye

Entre liesse populaire et polémiques persistantes, la CAN 2025 continue de faire parler bien après le coup de sifflet final. Sacré au terme d’une finale électrique face au Maroc, le Sénégal voit ses héros célébrés dans les plus grands stades européens, à l’image de Pape Guèye, ovationné à Villarreal. Mais derrière les applaudissements se cache le souvenir d’un match sous haute tension, marqué par des incidents, des décisions arbitrales contestées et la menace de sanctions de la CAF. Une victoire éclatante, chargée d’émotions et de controverses.

La CAN 2025 a refermé ses portes, mais ses échos continuent de résonner bien au-delà du continent africain. À peine le trophée soulevé, les champions d’Afrique sénégalais ont repris le chemin de leurs clubs respectifs, accueillis comme des héros. Dans les vestiaires européens, la fierté a remplacé la fatigue, et les applaudissements ont servi de prolongation symbolique à une finale déjà entrée dans l’histoire.

À Villarreal, l’émotion était palpable. Pape Guèye, grand artisan du sacre sénégalais, a reçu un hommage appuyé au stade de La Cerámica avant le choc face au Real Madrid. Plus de 23 000 spectateurs se sont levés pour saluer le milieu de terrain, auteur du but décisif en prolongation lors de la finale face au Maroc (1-0). Une ovation nourrie, longue, sincère, qui disait tout du respect gagné par le Lion après un tournoi d’exception. Scène rare et forte : Brahim Díaz, protagoniste malheureux de cette finale, a lui aussi applaudi.

Geste  fair-play de Brahim Diaz

Le milieu offensif marocain, entré en jeu plus tard dans la rencontre, avait manqué le penalty qui aurait pu offrir le titre aux siens. Un geste fair-play qui a marqué les observateurs. Car cette finale ne s’est pas résumée à un simple score. Elle a été l’une des plus tendues et controversées de l’histoire de la CAN. Dans les arrêts de jeu du temps réglementaire, un penalty sifflé en faveur du Maroc a mis le feu aux poudres. Estimant la décision injuste, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse sur instruction de leur sélectionneur Pape Thiaw, provoquant une interruption de plusieurs minutes.

Un moment de confusion totale, sous les sifflets d’un public médusé et les regards inquiets des officiels. Le jeu a finalement repris, Brahim Díaz a tenté une panenka repoussée par Édouard Mendy, avant que le Sénégal ne fasse la différence en prolongation. Ces images ont fait le tour du monde et soi-disant attiré l’attention de la Confédération africaine de football, qui a rapidement brandi la menace de sanctions disciplinaires contre le Sénégal pour abandon temporaire du terrain. Une procédure toujours en cours, qui n’a toutefois pas entamé l’élan populaire autour des champions d’Afrique.

Retour en club des Lions sous le signe de la reconnaissance

Les incidents ne se sont pas arrêtés là. Des scènes d’antijeu, notamment autour de la fameuse serviette d’Édouard Mendy, ont suscité l’indignation. Des ramasseurs de balles et certains joueurs marocains ont été filmés tentant d’empêcher le gardien sénégalais de sécher ses gants avant le penalty. Pire encore, le gardien remplaçant Yehvann Diouf a été bousculé et traîné au sol alors qu’il protégeait l’équipement de son coéquipier. Autant d’éléments qui ont conduit la CAF à ouvrir une enquête officielle.

Malgré ce contexte électrique, le retour en club des Lions s’est fait sous le signe de la reconnaissance. En Angleterre, Everton a célébré Idrissa Gana Guèye et Iliman Ndiaye avec une haie d’honneur à l’entraînement, images largement relayées sur les réseaux sociaux. En Espagne, Pathé Ciss a lui aussi marqué les esprits avec le Rayo Vallecano. Repositionné en défense centrale face à Osasuna, il a inscrit l’unique but de son équipe malgré une défaite (1-3), confirmant sa polyvalence et sa solidité.

Souvenir d’une finale explosive

Sur le plan médiatique, la polémique a pris une autre dimension avec la défense appuyée de Pape Thiaw par Diomansy Kamara. L’ancien Lion de la Téranga a dénoncé ce qu’il considère comme un acharnement injuste contre le sélectionneur, rappelant que refuser l’injustice fait partie de l’ADN du football sénégalais. Pour Kamara, le vrai problème n’est pas l’image de l’Afrique, mais le malaise que provoque une équipe qui refuse de se taire.

Entre ovations européennes, enquêtes disciplinaires et débats identitaires, le Sénégal savoure un deuxième sacre continental en cinq ans dans un climat paradoxal. Le trophée est bien là, incontestable. Mais cette CAN 2025 laissera aussi le souvenir d’une finale explosive, où le football s’est mêlé à la contestation, à la dignité et à une rare intensité émotionnelle. Une victoire historique, applaudie à Villarreal… y compris par celui qui, un soir de finale, avait vu ses rêves s’arrêter sur un penalty manqué.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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