CAN 2025 : Le Sénégal sacré champion d’Afrique au terme d’une finale dantesque


Lecture 6 min.
Trophée de la CAN
Trophée de la CAN

Au terme d’une finale marquée par le chaos, la polémique et l’héroïsme, le Sénégal a remporté la CAN 2025 en battant le Maroc 1-0 en prolongation. Pape Gueye a inscrit le but de la victoire, Bounou a réalisé des miracles, mais les Lions de la Teranga tiennent leur deuxième étoile.

Le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat restera marqué à jamais par cette soirée du 18 janvier 2026. Cette finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, précédée de vives tensions en coulisses, aura tout connu : un temps réglementaire chaotique, 15 minutes d’interruption, un penalty manqué, une prolongation sous le déluge et un dénouement libérateur pour les Lions de la Teranga. Le Sénégal est champion d’Afrique pour la deuxième fois.

90 minutes de combat équilibré

Sur le terrain, rien ne séparait les deux meilleures équipes du continent. La première période avait donné le ton : intense, disputée, avec un Yassine Bounou décisif dès la 5e minute face à Pape Gueye, puis encore impérial à la 38e minute en repoussant du bout du pied un face-à-face d’Iliman Ndiaye. À la pause, le score vierge reflétait l’équilibre des forces.

La seconde période a vu les deux équipes se neutraliser dans l’entrejeu, multipliant les duels sans parvenir à forcer la décision.

Chaos dans le temps additionnel

C’est dans le temps additionnel que le match a basculé dans la polémique. À quelques minutes du coup de sifflet final, le Sénégal pensait avoir ouvert le score : après un coup de tête sur le poteau et une reprise victorieuse, l’arbitre a annulé le but pour une poussette de Seck sur Hakimi au second poteau. Une décision sévère, contestée par les joueurs sénégalais qui n’y voyaient qu’un duel classique.

Quelques instants plus tard, à la 96e minute, l’arbitre désignait le point de penalty en faveur du Maroc pour une faute dans la surface tout aussi litigieuse. Excédés, les joueurs sénégalais ont alors quitté le terrain près de 15 minutes en signe de contestation, plongeant le stade dans un climat de tension extrême.

C’est Sadio Mané qui a su ramener ses coéquipiers à la raison. Le capitaine des Lions de la Teranga a convaincu ses partenaires de revenir sur la pelouse, estimant que fuir ne servait à rien. Un geste de classe et de fair-play de la part de celui qui disputait sa dernière CAN à 33 ans.

Brahim Diaz, meilleur buteur de la compétition, s’est alors avancé pour tirer le penalty… et l’a manqué. Soulagement côté sénégalais, déception côté marocain. Le score restait vierge dans un climat explosif.

Direction la prolongation et Pape Gueye délivre le Sénégal

Sous un déluge de pluie, la prolongation a débuté tambour battant. Le Maroc, galvanisé par son public, a d’abord assiégé la surface sénégalaise. Le gardien Édouard Mendy a dû s’employer pour subtiliser un ballon chaud dans ses six mètres (100e). Quelques minutes plus tard, Youssef En-Nesyri s’arrachait sur un centre à mi-hauteur et voyait sa tête frôler le poteau gauche (103e). Les Lions de l’Atlas poussaient.

Mais c’est à ce moment précis que le match a basculé. Hamza Igamane, à peine entré en jeu pour remplacer Noussair Mazraoui, a subi un choc et a dû sortir du terrain. Le Maroc se retrouvait à dix contre onze. Brahim Diaz, fantomatique après son penalty manqué, était lui aussi remplacé par Ilias Akhomach (98e).

Et alors que le match peinait à se relancer après tant de confusion, El-Aynaoui a perdu le ballon dans le rond central. Pape Gueye — le même que Bounou avait stoppé en début de match — s’en est emparé, a porté le ballon jusqu’à l’entrée de la surface marocaine et a déclenché une frappe lumineuse du pied gauche. Barre rentrante : 1-0 pour le Sénégal (94e). La revanche du milieu sénégalais.

Le Maroc héroïque à dix, Bounou miraculeux, mais…

Dos au mur, réduits à dix, les Lions de l’Atlas ont refusé de mourir. À la 108e minute, sur un corner botté par Akhomach, Aguerd s’est élevé dans les airs et a propulsé une tête puissante… sur la barre transversale ! Dans la foulée, El-Aynaoui a tenté sa chance de loin sans cadrer. La défense sénégalaise a tremblé.

Mais à la 111e minute, le Sénégal a failli tuer le match en contre-attaque. Cherif Ndiaye, lancé plein axe, a armé une frappe que Bounou n’a pu que freiner. Le numéro 12 sénégalais a suivi et ouvert son pied droit pour ajuster le cadre… mais Bounou, d’une pichenette désespérée, a dévié le ballon de quelques centimètres, juste assez pour le voir rouler près du poteau gauche. Arrêt miraculeux du portier marocain, qui maintenait les siens en vie.
Cela n’aura pas suffi. Malgré l’abnégation des Lions de l’Atlas, réduits à dix et poussés par un public en fusion, l’égalisation n’est jamais venue. Le Sénégal a tenu bon.

Les adieux royaux de Sadio Mané

Au coup de sifflet final, les Lions de la Teranga ont explosé de joie. Le Sénégal remporte sa deuxième CAN après celui remporté au Cameroun face à l’Egypte. Pour Sadio Mané, qui disputait sa dernière CAN à 33 ans, ce sacre est une apothéose. Celui qui a ramené ses coéquipiers sur le terrain au moment le plus tendu de la soirée quitte la scène continentale en champion. Un geste de fair-play, un titre de champion : les adieux parfaits pour une légende du football africain.

Le Maroc, lui a été brillant mais il devra encore attendre pour briser la malédiction de 1976. Malgré un parcours solide et une finale héroïque à dix contre onze, les Lions de l’Atlas échouent aux portes du sacre, à domicile. La déception est immense.

Le football africain a vécu une finale d’anthologie. Polémique, dramatique, héroïque : ce Maroc-Sénégal restera dans les mémoires.

Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News