
Une vaste opération menée début février par les forces de sécurité sénégalaises a mis au jour un dossier judiciaire d’une rare gravité, mêlant criminalité organisée, atteintes sexuelles, exploitation de mineurs et risques sanitaires. Entre le 4 et le 6 février 2026, la Brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Keur Massar a procédé à l’arrestation de plusieurs individus soupçonnés d’avoir participé à des activités illicites d’une extrême sensibilité.
A Dakar,
Au Sénégal, quatorze personnes issues de milieux socioprofessionnels variés ont été placées en garde à vue dans le cadre d’une enquête supervisée par le parquet de Pikine-Guédiawaye. Les faits présumés incluent notamment l’association de malfaiteurs, des pratiques sexuelles illégales, la mise en danger délibérée de la vie d’autrui et des suspicions de transmission volontaire du VIH.
Un réseau pédopornographique démantelé entre Dakar et Kaolack
Les personnes interpellées sont âgées de 20 à 43 ans et exercent des professions diverses : commerçants, agents administratifs, étudiants, artistes, employés de banque ou encore animateur de télévision. Cette diversité de profils renforce la complexité du dossier et met à nu l’ampleur du réseau présumé, dont les ramifications dépasseraient le cadre local. Cette enquête d’envergure a permis le démantèlement d’un réseau pédopornographique opérant entre Dakar et Kaolack.
Quatorze hommes ont été déférés devant le parquet de Dakar le vendredi 6 février, à l’issue d’investigations menées sur plusieurs mois en collaboration étroite avec la justice française. Les faits reprochés sont particulièrement lourds : exploitation sexuelle de mineurs, proxénétisme, actes contre nature et transmission volontaire du VIH. Les investigations ont mis en évidence l’existence d’un système structuré impliquant des recrutements ciblés et des échanges financiers transnationaux.
L’origine de l’affaire : une arrestation en France
L’enquête sénégalaise trouve son origine dans l’arrestation en France, en avril dernier, d’un ressortissant français nommé Pierre Robert, originaire de Picardie. Interpellé pour des faits liés à la pédopornographie, cet individu aurait entretenu des liens étroits avec plusieurs complices basés au Sénégal. Une commission rogatoire internationale a alors été délivrée, déclenchant une enquête conjointe pilotée par la Division des investigations criminelles (DIC), avec l’appui de magistrats et d’officiers français.
Les investigations ont révélé que certains suspects sénégalais auraient été chargés de recruter de jeunes garçons, de filmer des actes sexuels et de transmettre les images à leur contact en France, en échange de transferts d’argent. Les perquisitions ont permis la saisie de nombreux éléments matériels : téléphones, ordinateurs, documents médicaux, traitements antirétroviraux et divers objets confirmant la réalité des faits présumés. Les enquêteurs soupçonnent que plusieurs membres du réseau étaient porteurs du VIH, renforçant la gravité des accusations de mise en danger de mineurs.
Une affaire qui touche à la protection des mineurs
L’arrestation à Dakar de Pierre Robert, âgé de 73 ans, marque un tournant dans cette affaire tentaculaire. Installé aux Almadies, l’homme d’affaires serait au centre d’un système opaque, bâti sur plusieurs décennies et reposant sur des sociétés-écrans et une implantation binationale. Si certaines charges évoquées par la presse restent à confirmer officiellement, les autorités appellent à la prudence. L’enquête se poursuit activement et pourrait déboucher sur des demandes d’extradition.
Les autorités judiciaires cherchent désormais à établir le rôle précis de chacun, tout en explorant la possibilité d’autres implications encore inconnues. L’affaire suscite déjà de vives réactions au sein de la population, tant par la nature des accusations que par les personnalités concernées. L’opinion publique sénégalaise attend désormais des clarifications officielles sur une affaire qui touche à la protection des mineurs, un sujet particulièrement sensible et prioritaire.





