
Au terme d’un temps réglementaire marqué dans les dernières minutes par deux décisions arbitrales controversées, un penalty manqué par Brahim Diaz et près de 15 minutes d’interruption, le Maroc et le Sénégal sont toujours à égalité (0-0). La prolongation décidera du champion d’Afrique.
Le stade Prince Moulay Abdellah de Rabat vit une soirée irrespirable. Cette finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal, précédée de vives tensions en coulisses, vient de connaître un temps réglementaire d’une intensité rare et d’un dénouement chaotique. Après 90 minutes sans but, deux décisions arbitrales explosives et un penalty raté, les deux équipes vont devoir se départager en prolongation.
Une veille de finale sous haute tension
Avant même le coup d’envoi, cette finale était placée sous le signe de la controverse. La veille du match, la Fédération sénégalaise de football (FSF) avait publié un communiqué cinglant dénonçant « de graves manquements sécuritaires et logistiques » de la part des organisateurs.
Malgré ces griefs, Pape Thiaw avait tenu à saluer l’organisation globale du tournoi : « L’organisation est belle et on en parle partout dans le monde. Un grand merci au Maroc qui a relevé le niveau de la CAN, mais ce qui s’est passé hier ne doit jamais se passer, c’est l’image de l’Afrique. »
90 minutes de combat équilibré
Sur le terrain, rien ne séparait les deux meilleures équipes du continent. La première période avait donné le ton : intense, disputée, avec un Yassine Bounou décisif dès la 5e minute face à Pape Gueye, puis encore impérial à la 38e minute en repoussant du bout du pied un face-à-face d’Iliman Ndiaye. À la pause, le score vierge reflétait l’équilibre des forces.
La seconde période a vu les deux équipes se neutraliser dans l’entrejeu, multipliant les duels sans parvenir à forcer la décision. Tout semblait se diriger vers une prolongation.
Chaos dans le temps additionnel
C’est dans le temps additionnel que le match a basculé dans la polémique. À quelques minutes du coup de sifflet final, le Sénégal pensait avoir ouvert le score : après un coup de tête sur le poteau et une reprise victorieuse, l’arbitre a annulé le but pour une poussette de Seck sur Hakimi au second poteau. Une décision sévère, contestée par les joueurs sénégalais qui n’y voyaient qu’un duel classique.
Quelques instants plus tard, à la 96e minute, l’arbitre désignait le point de penalty en faveur du Maroc pour une faute dans la surface tout aussi litigieuse. Une décision qui a fait bondir le banc sénégalais. Excédés, les joueurs sénégalais ont alors quitté le terrain près de 15 minutes en signe de contestation, plongeant le stade dans un climat de tension extrême.
C’est Sadio Mané qui a su ramener ses coéquipiers à la raison. Le capitaine des Lions de la Teranga a convaincu ses partenaires de revenir sur la pelouse, estimant que fuir ne servait à rien. Un geste de classe et de fair-play de la part de celui qui dispute sa dernière CAN à 33 ans.
Brahim Diaz, meilleur buteur de la compétition, s’est alors avancé pour tirer le penalty… et l’a manqué. Soulagement côté sénégalais, déception côté marocain. Le score reste vierge.
Direction la prolongation
Après ce temps réglementaire d’une rare intensité dramatique, tout reste à faire. Le Maroc et le Sénégal vont devoir se départager en prolongation, voire aux tirs au but, pour décider qui soulèvera le trophée continental.
Les Lions de l’Atlas, portés par leur public, chercheront à briser la malédiction et remporter leur première CAN depuis 1976. Les Lions de la Teranga, eux, voudront faire mentir un destin qui semble s’acharner contre eux ce soir.
Le football africain retient son souffle.



