
À quelques heures des élections législatives et communales prévues dimanche 11 janvier 2026, le Bénin entre dans une phase décisive de son processus démocratique. Alors que la campagne a peiné à embraser les rues, les autorités ont pris une décision forte : la fermeture temporaire des frontières terrestres. Une mesure sécuritaire qui illustre la volonté de l’État de verrouiller l’environnement électoral et d’éviter toute perturbation lors du vote.
Frontières closes pour un scrutin sous contrôle
Dans un message officiel diffusé sur les médias publics, le ministère de l’Intérieur a annoncé que les frontières terrestres du Bénin seront fermées à partir de minuit dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 janvier, jusqu’au lundi 12 janvier à 6 heures du matin. L’objectif affiché est de maîtriser les flux transfrontaliers et prévenir toute tentative d’ingérence ou de troubles durant la journée électorale. Cette décision s’inscrit dans une tradition déjà observée lors de précédents scrutins sensibles, où la sécurité nationale et la crédibilité du vote sont érigées en priorités absolues. Les autorités estiment que le contexte régional et la proximité de certaines zones frontalières justifient un dispositif renforcé.
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La fermeture des frontières s’accompagne d’un ensemble de mesures internes destinées à garantir un climat calme et ordonné. Le jour du scrutin, entre 6 heures et 20 heures, les marchés seront fermés et toute forme de manifestation publique suspendue. Cela concerne aussi bien les rassemblements commerciaux que les événements culturels, festifs ou revendicatifs. Les débits de boissons et établissements assimilés devront également baisser rideau pendant cette période. Pour le gouvernement, il s’agit de limiter les attroupements, de réduire les risques de débordements et de permettre aux forces de sécurité de se concentrer pleinement sur la surveillance des bureaux de vote.
Une bataille qui se joue d’abord sur le numérique
Malgré une campagne lancée le 26 décembre, l’ambiance électorale est restée étonnamment feutrée dans plusieurs villes du pays. À Cotonou, Porto-Novo ou Abomey-Calavi, les affiches et caravanes politiques ont tardé à apparaître, comme si les acteurs politiques eux-mêmes prenaient leur temps avant de véritablement lancer les hostilités. Les lendemains des fêtes de fin d’année ont contribué à cette lente montée en puissance. Les premiers jours ont davantage ressemblé à une reprise progressive des activités qu’à une ruée électorale. Ce calme apparent contraste avec l’intensité des échanges observés en ligne.
Faute d’une forte présence dans les rues, les partis politiques ont investi massivement les réseaux sociaux. Vidéos de mobilisation, messages de soutien, visuels de campagne et promesses programmatiques ont envahi les plateformes numériques. De la mouvance présidentielle à l’opposition, chacun tente de capter l’attention d’un électorat de plus en plus connecté, notamment chez les jeunes. Cette stratégie numérique permet de contourner certaines contraintes logistiques tout en préparant le terrain pour des actions plus visibles à mesure que l’échéance approche.
La majorité unie face à une opposition concentrée sur l’enjeu parlementaire
Dans le nord du pays, la dynamique a toutefois pris une autre dimension. À Parakou, les deux grandes formations de la majorité, le Bloc Républicain et l’Union Progressiste le Renouveau, ont choisi d’apparaître ensemble lors d’un lancement commun. Une démonstration d’unité politique visant à rassurer leurs militants et à afficher leur ambition de conserver une large domination institutionnelle.
Cette stratégie du front uni s’appuie sur un discours axé sur la continuité, la stabilité et les priorités nationales telles que l’éducation, la formation professionnelle et l’emploi, thèmes mis en avant par les autorités de régulation de la communication. Face à cette machine bien huilée, l’opposition adopte une approche plus ciblée. Le parti Les Démocrates concentre tous ses efforts sur les Législatives, qu’il considère comme un test grandeur nature pour l’équilibre démocratique du pays. Les actions de terrain privilégient le contact direct avec les électeurs, souvent loin des grandes démonstrations publiques.
Des électeurs en quête de sérieux et de stabilité
Dans ce contexte, les citoyens béninois attendent un scrutin apaisé, transparent et utile. Beaucoup aspirent à des débats concrets, loin des slogans creux, et à des élus réellement présents une fois les urnes refermées. La fermeture des frontières et les restrictions annoncées sont globalement perçues comme le prix à payer pour préserver la paix et la sincérité du vote.
À quelques heures du 11 janvier, le Bénin s’installe dans une veille électorale sous haute surveillance. Le calme actuel pourrait bien laisser place à une mobilisation plus intense dans les dernières heures, juste avant que le pays ne retienne son souffle au moment de glisser son bulletin dans l’urne.




