
Le président camerounais Paul Biya a annoncé un nouveau report des élections législatives et municipales, sans fixer de nouvelle date. Cette décision prolonge une situation institutionnelle déjà exceptionnelle, marquée par l’expiration progressive des mandats des élus. Le chef de l’État a justifié ce « réajustement » par des contraintes impérieuses, tout en promettant le respect de la Constitution.
Dans son discours à la jeunesse, il a également évoqué la formation d’un nouveau gouvernement et les défis auxquels fait face la jeunesse camerounaise.
Un nouveau report qui prolonge l’incertitude électorale
Le Cameroun s’engage dans un nouveau report de ses élections législatives et municipales. Initialement prévues en 2025, ces échéances avaient déjà été repoussées au début de l’année 2026. Mardi 10 février, lors de son discours annuel à l’occasion de la Fête de la Jeunesse, Paul Biya a annoncé un « léger réajustement » du calendrier électoral, sans préciser de nouvelle date.
Le chef de l’État, au pouvoir depuis 1982 et âgé de près de 93 ans, a invoqué « certaines contraintes impérieuses » pour justifier cette décision. Il a toutefois assuré que les dispositions constitutionnelles seraient respectées. Ce nouveau report prolonge une situation institutionnelle inhabituelle, alors que les mandats des députés et des conseillers municipaux arrivent progressivement à expiration. Ce n’est pas la première fois que le Cameroun reporte ses scrutins locaux. Les élections municipales et législatives avaient déjà été décalées en 2012 et en 2018. Ces reports ont alimenté régulièrement les interrogations sur le calendrier électoral du pays.
Un gouvernement attendu et des réformes promises
Dans son allocution, Paul Biya a également réaffirmé la formation prochaine d’un nouveau gouvernement. Ce remaniement avait été annoncé dès la fin de l’année 2025, mais aucune nomination n’a encore été officialisée. Le président a aussi évoqué le renouvellement des dirigeants des sociétés d’État, très attendu par l’opinion publique.
Par ailleurs, il a promis des réformes visant à améliorer le fonctionnement de l’État et à renforcer la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics. Le chef de l’État a assuré vouloir confier davantage de responsabilités aux jeunes Camerounais, hommes comme femmes, dans la gestion des affaires publiques. Ces annonces interviennent dans un contexte politique sensible, quelques mois après la réélection contestée de Paul Biya pour un huitième mandat en octobre dernier, scrutin qui avait donné lieu à des manifestations violemment réprimées dans plusieurs grandes villes.
Un discours centré sur la jeunesse camerounaise
La Fête de la Jeunesse constitue l’une des rares occasions où Paul Biya s’adresse directement à la nation. Dans son discours, il a reconnu les difficultés d’insertion professionnelle rencontrées par de nombreux jeunes Camerounais. Il a également affirmé que certains se sentent « désemparés » face à l’avenir.
Le président les a appelés à persévérer et à éviter « la délinquance, l’abus d’alcool, la consommation de drogues et l’utilisation excessive des réseaux sociaux ». Il a également annoncé des mesures destinées à protéger les jeunes femmes contre le harcèlement et les abus. Ces messages interviennent alors que la jeunesse camerounaise, confrontée au chômage et à des perspectives économiques limitées, demeure au cœur des préoccupations sociales et politiques du pays.
Une situation politique sous tension
Ce nouveau report électoral entretient l’incertitude politique au Cameroun, où les scrutins locaux représentent un enjeu majeur pour la gouvernance et la représentativité des institutions. La prolongation des mandats des élus et l’attente du prochain gouvernement alimentent les interrogations sur l’évolution du paysage politique dans les mois à venir. Dans ce contexte, l’opinion publique reste attentive aux prochaines annonces des autorités, notamment sur le calendrier électoral et la formation de l’exécutif. Autant d’étapes attendues qui devraient donner le ton de la séquence politique à venir et préciser les perspectives institutionnelles du pays.




