
Le gouvernement zimbabwéen veut prolonger de deux ans le mandat présidentiel et modifier en profondeur le mode d’élection du chef de l’État. La réforme repousserait la présidentielle de 2028 à 2030 et transférerait l’élection au Parlement. Soutenu par la majorité qualifiée de la Zanu-PF, le projet a de fortes chances d’être adopté.
Le paysage politique zimbabwéen s’apprête à connaître un bouleversement institutionnel majeur. Le gouvernement a officiellement donné son feu vert, ce mardi, à un projet de révision constitutionnelle d’envergure visant à modifier la durée et les modalités d’exercice de la fonction suprême. Cette initiative, validée en conseil des ministres, propose d’allonger de deux années le mandat actuel du chef de l’État, repoussant ainsi l’échéance électorale de 2028 à 2030.
Un glissement du calendrier électoral
Au cœur de cette réforme se trouve la volonté du parti au pouvoir, la Zanu-PF, de prolonger la présidence d’Emmerson Mnangagwa. Arrivé à la tête du pays en 2017, l’actuel dirigeant fait face à une limitation constitutionnelle stricte qui lui interdit normalement de briguer un nouveau mandat après deux exercices.
En adoptant cette résolution, le parti, qui domine la scène politique depuis quatre décennies et demi, cherche à contourner cette barrière temporelle en étendant la mandature en cours plutôt qu’en sollicitant un troisième mandat formel.
La fin du suffrage universel direct pour la présidence
Outre l’extension calendaire, le texte introduit une modification profonde du système démocratique national. Le projet prévoit que le président de la République ne soit plus élu au suffrage populaire direct, mais par les membres du Parlement. Ce transfert de la légitimité électorale vers le pouvoir législatif marquerait une rupture avec le mode de scrutin actuel, centralisant davantage le choix du dirigeant au sein de l’assemblée.
Pour les défenseurs de la réforme, il s’agirait d’un ajustement institutionnel, tandis que pour les observateurs, cela réduit l’influence directe des citoyens sur le choix du sommet de l’exécutif.
Une adoption parlementaire quasiment assurée
Le destin de cette réforme repose désormais entre les mains des députés. Le projet de loi doit être soumis au vote de l’Assemblée nationale pour être définitivement intégré à la Constitution. Toutefois, l’issue du scrutin semble peu faire de doute dans la mesure où la Zanu-PF dispose actuellement de la majorité qualifiée des deux tiers au Parlement.
Ce seuil est précisément celui requis pour valider toute modification constitutionnelle, laissant la voie libre à une refonte rapide des règles du jeu politique au Zimbabwe.




