
Réunis à Luanda, plusieurs dirigeants africains ont lancé un nouvel appel à un cessez-le-feu immédiat dans l’est de la RDC. Cette initiative diplomatique intervient alors que les combats avec le M23 menacent de s’intensifier. Malgré le soutien international, les signaux envoyés par la rébellion entretiennent la méfiance.
L’Union africaine (UA) intensifie ses manœuvres diplomatiques pour tenter de stabiliser l’est de la République démocratique du Congo, une région meurtrie par des décennies de violences. Réunis à Luanda sous l’égide du président angolais João Lourenço, plusieurs dirigeants du continent ont réitéré avec force leur appel à un cessez-le-feu immédiat. Cette nouvelle offensive diplomatique intervient alors que le conflit avec le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon Kinshasa, menace de basculer dans une phase encore plus imprévisible.
Un front diplomatique soudé à Luanda
La capitale angolaise est redevenue le centre névralgique des négociations pour la paix en Afrique centrale. Le président Félix Tshisekedi y a rencontré ses pairs, dont le Togolais Faure Gnassingbé et l’ancien dirigeant nigérian Olusegun Obasanjo, tous deux engagés comme médiateurs. Ensemble, ils ont exhorté les belligérants à fixer sans délai une date pour l’arrêt des hostilités.
L’objectif est clair : accélérer la mise en œuvre des mécanismes de vérification déjà esquissés lors des précédentes rencontres à Doha, afin de transformer les promesses de papier en une réalité tangible sur le terrain.
L’appui international face à une instabilité persistante
La stratégie de l’UA ne s’exerce pas en vase clos. Elle s’appuie sur une convergence d’efforts internationaux, incluant les accords négociés sous l’égide des États-Unis et la médiation active du Qatar. Ces accords prévoient un dispositif de surveillance permanent, soutenu par la MONUSCO.
Les Nations Unies ont d’ailleurs confirmé l’envoi prochain d’une mission spécialisée pour veiller au respect des engagements pris. Cependant, la méfiance reste de mise après l’attaque par drone contre l’aéroport de Kisangani la semaine dernière, qui a rappelé la fragilité de ces processus de paix.
La démonstration de force du M23 en plein dialogue
Pendant que les chancelleries s’activent, le mouvement rebelle AFC/M23 envoie des signaux contradictoires. Alors qu’il affirme à Doha rester engagé envers l’accord-cadre de paix, il vient d’annoncer la fin de formation de plus de 7 500 nouveaux commandos lors d’une cérémonie à Tshanzu. Cette démonstration de puissance militaire, couplée à un discours martial, vient jeter une ombre sur les appels au calme de l’UA.
Pour la rébellion, l’heure est au renforcement de la « supériorité tactique », créant un contraste saisissant avec les efforts de désescalade prônés par les médiateurs africains.
Un équilibre fragile entre paix et guerre
Le gouvernement congolais et ses partenaires se trouvent désormais face à un défi immense : transformer la volonté politique affichée à Luanda en un retrait effectif des troupes. Si l’Angola est chargé de mener les consultations avec toutes les parties prenantes, le terrain reste le juge de paix ultime.
Entre les engagements de régularisation diplomatique et la réalité d’un renforcement militaire des insurgés, l’est de la RDC demeure sur une corde raide, oscillant dangereusement entre un espoir de paix durable et le risque d’un embrasement généralisé.




