
L’année 2026 débute dans la violence au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans la nuit du 1er au 2 janvier, des attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont frappé plusieurs villages du territoire de Lubero, faisant au moins quatorze morts. Ces assauts interviennent malgré la présence des opérations militaires conjointes menées par les armées congolaise et ougandaise.
Alors que le monde célébrait le passage à l’an 2026, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) s’est une nouvelle fois enfoncé dans l’horreur. Dans la nuit du jeudi 1er au vendredi 2 janvier, une série d’attaques coordonnées a frappé le territoire de Lubero, laissant derrière elle un sillage de mort et de désolation. Ce nouvel épisode de violence, attribué aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), vient s’ajouter à une situation sécuritaire déjà explosive dans une région où les fronts se multiplient entre groupes armés et forces régulières.
Une incursion simultanée dans trois villages
C’est entre 20 heures et 22 heures que la terreur a saisi les villages de Katanga, Maendeleo et Kilonge. Situées dans un rayon de sept kilomètres au sein du secteur de Bapere, ces trois localités ont été la cible d’assauts simultanés. Selon Macaire Sivikunula, le chef de secteur, les tirs ont plongé la population dans une panique totale alors que les habitants fêtaient encore la nouvelle année.
Le bilan de cette incursion est lourd : au moins quatorze personnes ont perdu la vie, dont douze civils et deux militaires congolais qui tentaient de s’interposer. En plus des pertes humaines, la fureur des assaillants s’est déchaînée sur les habitations, avec au moins treize maisons incendiées. Les ADF, groupe d’origine ougandaise ayant prêté allégeance à l’État islamique, confirment ainsi leur capacité de nuisance malgré les opérations militaires en cours.
L’échec relatif des opérations conjointes
Face à cette menace persistante, l’armée congolaise (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) poursuivent leur traque dans le cadre de l’opération « Shujaa », lancée fin 2021. Le lieutenant Marc Elongo Kyona, porte-parole militaire dans la région, a confirmé que des unités étaient actuellement à la poursuite des assaillants. Pourtant, force est de constater que la présence de ces forces conjointes ne parvient pas à stopper les massacres de civils qui se succèdent à un rythme effréné.
Cette attaque de Lubero n’est que la suite d’une série noire : 21 morts durant la semaine de Noël et 12 autres quelques jours plus tard. L’implantation des ADF depuis le milieu des années 1990 dans le nord-est du pays semble plus solide que jamais, le groupe profitant de la porosité des frontières et de la complexité du terrain forestier pour mener ses raids meurtriers.
Un front multiple pour Kinshasa
Le drame de Lubero intervient alors que la RDC fait face à une crise sécuritaire globale dans sa partie orientale. Plus au sud, dans le territoire de Masisi, la population subit également le feu de la guerre avec des bombardements récents ayant fait au moins six morts et des dizaines de blessés pris en charge par Médecins sans frontières (MSF).
Parallèlement, la province du Sud-Kivu reste le théâtre d’affrontements violents autour de la ville stratégique d’Uvira, où les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, défient les forces pro-Kinshasa. Ce cocktail de violences, mêlant terrorisme islamiste des ADF et rébellion territoriale du M23, place le gouvernement de Félix Tshisekedi sous une pression immense. Malgré les tentatives de médiation internationale et la signature d’accords de paix fragiles, l’est de la RDC entame l’année 2026 comme il a terminé la précédente : dans le sang et l’incertitude pour des millions de civils pris au piège des combats.




