
Le cadre macroéconomique de la République démocratique du Congo traverse une période de fortes turbulences. Dans sa dernière évaluation au titre de la Facilité élargie de crédit, le FMI alerte sur la dérive de la masse salariale. Cette évolution est désormais considérée comme un risque budgétaire majeur pour le pays.
Elle menace directement les capacités d’investissement de l’État alors que les besoins en infrastructures et en services sociaux restent urgents.
Des secteurs clés sous pression budgétaire
L’augmentation spectaculaire des dépenses de personnel ne relève pas du hasard. Elle est le fruit d’une politique de régularisation massive entamée ces dernières années. Les secteurs de l’éducation et de la santé ont vu l’intégration de milliers d’agents, tandis que le corps de la magistrature a bénéficié d’ajustements salariaux significatifs. À ces dépenses civiles s’ajoutent les coûts croissants liés au secteur sécuritaire, dictés par la persistance du conflit dans l’Est du pays. Cette accumulation de charges crée une rigidité budgétaire telle que la masse salariale a franchi le seuil critique de 50 % des recettes courantes et laisse peu de marge de manœuvre pour le développement.
Le spectre des institutions budgétivores
La situation est exacerbée par des problèmes structurels que la société civile congolaise ne manque pas de pointer du doigt. Des organisations comme le CREFDL notent une tendance de l’État à devenir l’unique employeur, avec des promotions en grade souvent désorganisées. Plus grave encore, le maintien d’institutions jugées obsolètes alourdit inutilement l’addition. La création de nouvelles unités administratives aux fonctions redondantes aggrave également la situation. Cette multiplication des postes de dépense survient dans un contexte où les recettes publiques peinent déjà à suivre la cadence. Depuis l’exercice précédent, les marges budgétaires restent fortement limitées.
L’urgence d’une thérapie de choc administrative
Pour le FMI, le temps des demi-mesures est révolu. L’institution de Washington préconise des réformes radicales pour assainir les finances publiques de la RDC. La priorité absolue reste la réalisation d’un recensement biométrique exhaustif. L’objectif est d’éliminer définitivement les « agents fictifs » et les doublons qui siphonnent le trésor public. Une politique salariale plus cohérente et une gestion rigoureuse des effectifs sont indispensables pour éviter une aggravation du déficit budgétaire en 2026. Sans ces ajustements courageux, la stabilité du franc congolais pourrait être durablement compromise. Par extension, le pouvoir d’achat déjà précaire des citoyens serait lui aussi menacé.



