
Après les singles « Mama » et « Supernova » sortis en 2024, le rappeur belge d’origine congolaise et brésilienne poursuit sa route avec « Brouillard ». Un nouveau morceau qui confirme sa capacité à explorer des territoires émotionnels complexes sans jamais perdre en authenticité.
Né à Bruxelles mais profondément enraciné dans la culture musicale de Kinshasa et Brazzaville, son oncle Maurice Poto a produit pour Koffi Olomidé, Papa Wemba ou encore Zaïko !, Marlon a toujours su faire dialoguer ses héritages. Avec « Brouillard », il pose une nouvelle marche de son ascension. Sur une production RnB traversée par des sonorités de rumba congolaise, il pose des mots sur un paradoxe que beaucoup connaissent sans savoir le formuler : l’attirance pour quelqu’un dont on pressent qu’il pourrait autant nous construire que nous détruire.

Le titre ne raconte pas une histoire d’amour. Il raconte ce qui précède, cette zone d’incertitude où le corps dit oui et où la raison hésite. Marlon y décrit une femme qui le fascine autant intellectuellement que physiquement, et son effort, vain, pour séparer la morale du désir. Il sent que quelque chose pourrait naître, mais il sait aussi ce que cela devrait lui coûter. Le brouillard du titre n’est pas un décor : c’est l’état intérieur d’un homme suspendu entre deux élans contraires.
Un sentiment de contraires
La force du morceau tient dans sa conclusion, à la fois limpide et déchirante : « je te veux, mais je ne te veux pas ». Une phrase qui ne tranche pas, et c’est précisément ce qui la rend si juste. Elle cristallise le tiraillement, l’humanité d’un sentiment qui refuse de se laisser simplifier.
Musicalement, le choix d’ancrer ce trouble émotionnel dans les rythmes de la rumba congolaise n’est pas anodin. Marlon puise dans la tradition musicale du continent africain. Une tradition fondée sur la danse, la séduction, le rapport charnel au son pour habiller un propos tout en retenue. Le résultat est un morceau qui ondule plus qu’il ne frappe, qui suggère plus qu’il n’affirme, fidèle à l’esthétique clair-obscur que l’artiste cultive depuis ses débuts.
Révélé au Festival Fespam de Brazzaville en 2023 devant des milliers de spectateurs, passé par le Couleur Café à Bruxelles aux côtés de Damso et Ninho, Marlon continue de tracer un chemin singulier dans le rap francophone. Celui d’un artiste qui n’a pas peur de la nuance, et qui trouve dans ses racines africaines la matière d’un langage universel.
« Brouillard » est disponible sur toutes les plateformes.



