Congo-Brazzaville : le dialogue de Djambala divise la classe politique


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Denis Sassou N'Guesso
Denis Sassou N'Guesso

À quelques semaines de la présidentielle congolaise, le dialogue politique de Djambala cristallise les tensions. Présenté comme une initiative pour garantir une élection apaisée, ce forum divise profondément l’opposition. L’issue de ces discussions pourrait influencer le climat du scrutin du 15 mars.

À l’approche du scrutin présidentiel prévu pour le 15 mars prochain, la ville de Djambala, située dans le département des Plateaux, devient le centre de la diplomatie intérieure congolaise. Les autorités de Brazzaville ont convoqué un dialogue politique du 16 au 19 février 2026, officiellement pour garantir une élection « apaisée ». Cette rencontre intervient dans un contexte particulier où le président Denis Sassou-Nguesso, sollicite un nouveau mandat de cinq ans. Cependant, le calendrier choisi soulève des interrogations, les assises débutant seulement quatre jours après la clôture officielle du dépôt des candidatures.

Une participation pragmatique pour certains opposants

Malgré les critiques sur la temporalité de ce forum, une partie notable de l’opposition a choisi de répondre favorablement à l’invitation. Les six candidats officiellement déclarés contre le chef de l’État sortant seront présents autour de la table. Plus surprenant encore, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), premier parti d’opposition au Parlement, a confirmé sa participation par la voix de son dirigeant Pascal Tsaty Mabiala.

Bien que l’Upads ne présente aucun candidat à la présidence, estimant que les conditions de transparence ne sont pas remplies, elle juge nécessaire d’occuper l’espace de discussion. Le Conseil national des républicains, lié à l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, a également délégué deux représentants dans l’espoir de consolider les acquis démocratiques.

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Un boycott ferme face à ce qui est perçu comme un simulacre

Toutefois, l’unanimité est loin d’être acquise. Le rejet le plus vigoureux provient de l’Union patriotique pour le renouveau national (UPRN), la formation de l’ancien ministre des Finances Mathias Dzon. Le parti a décliné l’invitation avec une certaine ironie, refusant de s’adonner à ce qu’il qualifie de « tourisme à Djambala ».

Pour cette frange de l’opposition, ces dialogues, organisés systématiquement avant chaque élection depuis 2009, ne sont que des mises en scène destinées à légitimer un processus électoral dont les résultats sembleraient joués d’avance.

L’enjeu d’une élection sans heurts

Pour le gouvernement, l’objectif de ce rassemblement de quatre jours est de prévenir les tensions sociales et politiques souvent observées lors des périodes électorales. En réunissant les acteurs politiques dans le centre du pays, le pouvoir veut montrer sa volonté d’ouverture et de concertation.

Néanmoins, pour les observateurs les plus critiques, la tenue de ces discussions après la validation des candidatures limite la portée des réformes éventuelles sur le système électoral lui-même. La réussite ou l’échec de ce rendez-vous à Djambala sera le premier indicateur du climat dans lequel se déroulera le scrutin du 15 mars.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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