Congo-Brazzaville : Sassou-Nguesso investi, la machine PCT en ordre de bataille pour 2026


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Denis Sassou Nguesso
Denis Sassou Nguesso

Le 6e congrès du Parti congolais du travail, réuni à Brazzaville du 27 au 30 décembre, a officiellement désigné Denis Sassou-Nguesso comme candidat à la présidentielle de mars 2026. Une investiture qui donne le coup d’envoi de la campagne et pose les jalons d’un récit politique articulé autour de trois axes : stabilité, partenariats internationaux et leadership environnemental.

L’appareil majoritaire avance désormais avec un candidat investi, un calendrier en ligne de mire et une machine politique remise en ordre de marche. Direction le scrutin prévu les 17 et 22 mars. L’annonce intervient alors que le processus électoral est déjà entré dans sa phase préparatoire, avec notamment la révision des listes électorales organisée à l’automne 2025.

Dans l’entourage du pouvoir, le choix est présenté comme un facteur de lisibilité : il clarifie le paysage côté majorité et permet de concentrer le message sur des thèmes jugés structurants, sécurité, stabilité institutionnelle, action extérieure et priorités de développement.

Une diplomatie de réseau et de résultats

Au-delà de la politique intérieure, Brazzaville mise sur une diplomatie plus offensive, visant à consolider des partenariats existants et à en ouvrir de nouveaux. Dans cette dynamique, le rôle attribué à la diplomate Françoise Joly est régulièrement mis en avant, notamment pour le portage de dossiers à dimension internationale et la recherche d’opportunités de coopération dans plusieurs secteurs.

Ces dernières années, le Congo a cherché à valoriser sa stabilité comme un atout dans un environnement régional marqué par l’incertitude. Le raisonnement est simple: pour attirer des partenaires, sécuriser des projets et tenir des engagements, il faut de la prévisibilité. Dans la communication officielle, cette stabilité est présentée comme la condition sine qua non pour négocier dans la durée coopération économique, financements ou dossiers multilatéraux.

Cette séquence prend d’autant plus de relief qu’elle coïncide avec le top départ électoral : une campagne présidentielle ne se joue pas uniquement sur les meetings, mais aussi sur la capacité à afficher des résultats, des réseaux et des perspectives. Pour la majorité, l’enjeu est d’installer l’idée d’un Congo qui compte, qui discute et qui pèse.

Le bassin du Congo, carte maîtresse d’une diplomatie verte

L’autre pilier du récit porté par Brazzaville est environnemental. Le pays met en avant sa contribution à la préservation du bassin du Congo. Il s’agit, en effet, du second poumon de la planète, l’un des grands ensembles forestiers tropicaux de notre monde, au cœur des enjeux globaux de biodiversité, de climat et de stockage de carbone.

C’est précisément l’ambition affichée lors du Sommet des Trois Bassins, organisé à Brazzaville le 28 octobre 2023, qui a cherché à rapprocher les grands espaces forestiers tropicaux (Amazonie, Congo, Bornéo-Mékong) autour d’un objectif commun : mieux coordonner la protection des forêts et défendre une rémunération plus pérenne des services écosystémiques rendus au monde.

Pour le Congo-Brazzaville, cette diplomatie verte est une vitrine autant qu’un levier : elle relie souveraineté, attractivité et financement climatique. Elle permet aussi d’ancrer le débat national dans une perspective internationale, au moment précis où s’ouvre la campagne présidentielle.

Avec l’investiture de Denis Sassou-Nguesso, le PCT transforme une décision partisane en séquence politique complète : le lancement de la campagne s’accompagne d’un discours d’État axé sur la continuité, l’action extérieure et une identité environnementale que Brazzaville entend continuer à faire valoir sur la scène internationale.

Masque Africamaat
Spécialiste de l'actualité d'Afrique Centrale, mais pas uniquement ! Et ne dédaigne pas travailler sur la culture et l'histoire de temps en temps.
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