Présidentielle 2026 : Brazzaville fixe officiellement la date du premier tour


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Denis Sassou Nguesso
Denis Sassou Nguesso

Brazzaville a levé le voile sur le calendrier de la présidentielle de 2026 : les Congolais voteront le 15 mars prochain. Entre vote anticipé des forces de l’ordre, campagne encadrée et candidatures en cours de formalisation, le pays entre officiellement dans la dernière ligne droite d’un scrutin très attendu.

L’incertitude sur le calendrier électoral vient d’être levée en République du Congo. À l’issue d’un Conseil des ministres tenu le mardi 20 janvier, le gouvernement a officiellement convoqué le corps électoral pour le premier tour de l’élection présidentielle. Contrairement aux rumeurs qui circulaient ces dernières semaines dans la capitale et dans certains médias évoquant la date du 22 mars, c’est finalement le dimanche 15 mars 2026 que les Congolais se rendront aux urnes.

Un calendrier précis pour les forces de l’ordre et les civils

Le porte-parole du gouvernement, Thierry Lézin Moungalla, a détaillé les modalités de ce scrutin majeur. Une particularité du système électoral congolais est maintenue : le vote par anticipation des agents de la force publique. Ces derniers accompliront leur devoir civique le jeudi 12 mars, afin d’être pleinement disponibles pour assurer la sécurité du vote général le dimanche 15 mars.

La campagne électorale, moment clé de la vie politique, débutera le 28 février pour s’achever le 13 mars à minuit. Le gouvernement a également instauré une journée de silence électoral le 12 mars, coïncidant avec le vote des militaires et policiers. Cette annonce permet de respecter les délais constitutionnels qui imposent la tenue du scrutin entre 30 et 40 jours avant la fin du mandat présidentiel actuel, dont l’investiture avait eu lieu le 16 avril 2021.

Le paysage politique se dessine autour de Denis Sassou-Nguesso

Si le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, ne s’est pas encore adressé officiellement à la nation pour confirmer sa candidature, le doute n’est plus permis. Sa formation politique, le Parti Congolais du Travail (PCT), l’a officiellement investi comme son candidat lors d’un congrès ordinaire en décembre dernier. À 82 ans, celui qui dirige le pays depuis 1997 (après un premier passage entre 1979 et 1992) brigue un nouveau mandat sous les acclamations de sa majorité.

Face à lui, l’opposition commence à structurer ses rangs, bien que certains observateurs notent une certaine prudence dans les déclarations. Trois figures ont déjà franchi le pas : Destin Gavet du Mouvement Républicain, qui se veut le visage du changement pour la jeunesse, Uphrem Dave Mafoula pour Les Souverainistes, et Anatole Limbongo-Ngoka du parti PARADIS. D’autres noms, comme celui de l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou (Pasteur Ntumi), circulent également parmi les candidats investis par leurs mouvements respectifs.

Une logistique électorale sous surveillance

Le défi pour les autorités de Brazzaville est désormais d’assurer la transparence et le bon déroulement du processus. Si la date du 15 mars est désormais gravée dans le marbre, les dates limites pour le dépôt officiel des candidatures doivent encore être précisées par l’administration électorale. Le ministre Moungalla a tenu à rassurer l’opinion en affirmant qu’il n’y avait « ni modifications, ni bouleversements » par rapport à la législation en vigueur, balayant les critiques sur le changement de date par rapport à la « clameur publique ».

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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