
Les chefs d’État de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) sont attendus demain, 22 janvier 2026, à Brazzaville. Convoqués par Denis Sassou Nguesso, président en exercice de la Conférence, ils devront se pencher en urgence sur la situation économique, financière et monétaire préoccupante de la sous-région.
À peine quatre mois après leur dernière session, le président congolais Denis Sassou Nguesso rappelle ses homologues pour un sommet extraordinaire. L’objectif est clair : anticiper et endiguer la dégradation économique qui menace la zone en ce début de premier trimestre 2026. La sous-région traverse en effet une zone de turbulences marquée par des indicateurs au rouge : poids écrasant du service de la dette, creusement des déficits publics, chute des recettes budgétaires et baisse persistante des cours des matières premières. À cela s’ajoute le non-respect récurrent des critères de convergence communautaires, transformant cette rencontre en une tentative de sauvetage économique pour l’année en cours.
Sommet extraordinaire de la CEMAC
L’érosion des équilibres macroéconomiques avait déjà été pointée du doigt en décembre dernier par Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Ce dernier avait lancé un appel pressant aux États membres, ciblant particulièrement le Cameroun, pour soulager les réserves de change communautaires. Si le Tchad dispose encore d’un programme actif avec le Fonds Monétaire International (FMI), la situation est plus critique pour le Cameroun, le Gabon et la Guinée Équatoriale qui en sont dépourvus. Selon les experts, la menace est sérieuse : sans réaction rapide, la sous-région pourrait faire face à des conséquences comparables au choc de la dévaluation du franc CFA de 1994.
Dès lors, ce sommet de Brazzaville apparaît comme l’ultime occasion pour plancher sur des programmes d’ajustement rigoureux. Au-delà de l’urgence, les chefs d’État devront initier des réformes structurelles profondes : diversifier des économies trop dépendantes des matières premières, optimiser la mobilisation des recettes internes et restaurer une politique monétaire capable de préserver la stabilité et la croissance de la zone CEMAC.



