
2025 vient de céder la place à une nouvelle année. Le monde entier est entré en 2026. Au Bénin, comme ailleurs, l’entrée dans la nouvelle année est célébrée avec faste, joie et allégresse. Mais au-delà de toutes les célébrations, la nouvelle année a ici une résonance particulière. 2026 est une année électorale majeure. Et désormais, le compte à rebours a véritablement commencé.
Au Bénin, l’année 2026 était à la fois attendue et redoutée. Attendue parce qu’elle est une importante année électorale où les Béninois doivent renouveler tout le corps des élus, des autorités locales au président de la République en passant par les députés. Redoutée parce que pendant très longtemps, la grande majorité des Béninois se demandait si leur Président allait respecter la limitation constitutionnelle des mandats où s’il allait se laisser emporter par la fièvre des troisièmes mandats qui, malheureusement et curieusement, semble avoir le vent en poupe sur le continent. Pendant longtemps, Patrice Talon s’est évertué à expliquer à ses compatriotes sa volonté de respecter la Constitution et de s’en aller au terme de son second mandat. Mais à chaque fois, il y avait toujours des Saints Thomas qui attendent de voir pour croire.
Mais aujourd’hui, il n’y a plus de raison objective de redouter quoi que ce soit dans ce sens. En effet, le dauphin de Patrice Talon est connu depuis plusieurs mois. Mieux, dans un entretien accordé aux acteurs de la presse quelques jours après les événements du 7 décembre 2025, le Président béninois n’a pas fait de mystère autour de sa volonté de siéger dans le Sénat, la nouvelle institution créée par la révision de la Constitution intervenue en novembre dernier. Patrice Talon part bel et bien en 2026. Cela est un fait. Sauf extraordinaire.
Vers les Communales et les Législatives du 11 janvier
L’année électorale sera ouverte par les communales et les législatives prévues pour le 11 janvier. Depuis le vendredi 26 décembre, la campagne électorale est ouverte au Bénin, et ce jusqu’au 9 janvier, en vue de l’élection des conseillers communaux et des députés. Même si elle semble plutôt morne et sans saveur, cette campagne se poursuit. En lice, les deux grands partis de la majorité présidentielle, l’Union progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc républicain (BR), leur frère germain, le Mouvement des élites engages pour l’émancipation du Bénin (MOELE-Bénin).
Du côté de l’opposition, on note la présence de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), mais surtout du parti Les Démocrates fortement secoué ces dernières semaines. La bataille électorale s’annonce rude surtout aux législatives où tous les cinq partis sont effectivement partants. Les communales privées de la participation de MOELE-Bénin et surtout des Démocrates, prennent les allures d’un match amical entre UPR et BR, la FCBE n’étant que le petit poucet à côté de ces deux géants. Mieux, ce parti, dans l’imaginaire béninois, n’a jamais été considéré comme un vrai parti d’opposition au pouvoir du Président Patrice Talon. Dans tous les cas, le jeu est lancé, et le compte à rebours a commencé.
Et la Présidentielle du 12 avril
Le scrutin le plus attendu demeure sans aucun doute la Présidentielle du 12 avril 2026 qui permettra de tourner définitivement la page de Patrice Talon après dix ans d’une gouvernance qui aura changé la face du Bénin, mais également le paysage politique national à travers une réforme du système partisan dont chacun peut apprécier la pertinence et l’efficience. Même si l’élection sera sans enjeu au regard de la non-participation du principal parti d’opposition, Les Démocrates, elle restera un important moment de démocratie, puisqu’elle devra permettre l’alternance au sommet de l’État.
Cette fois-ci, les Béninois pourront découvrir sous un autre jour celui qu’ils auront connu pendant dix ans comme argentier national, Romuald Wadagni. Inutile de rappeler que face à ce dernier, Paul Hounkpè de la FCBE, l’autre candidat à ces joutes électorales, ne fait pas le poids. Pour lui, dire que c’est un combat perdu d’avance est un truisme. Le vrai combat va se jouer au niveau de la participation du corps électoral dans un Bénin où la population, depuis quelques années semble manifester une lassitude de plus en plus visible des élections.
Surtout que cette Présidentielle est sans enjeu. Romuald Wadagni est presque certain d’occuper, à partir de mai 2026, donc dans quatre mois, le fauteuil de son mentor, Patrice Talon. Non sans la bénédiction de ce dernier. Quoi que l’on dise, le Bénin sortira grandi de ce jeu électoral qui aboutira au renouvellement de tout le corps des élus. Le compte à rebours a commencé.




