Tanzanie : le ministre chinois des Affaires étrangères en visite officielle à Dar es Salaam


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Samia Suluhu Hassan, présidente de la Tanzanie
Samia Suluhu Hassan, présidente de la Tanzanie

Alors que la Tanzanie traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire politique récente, elle peut compter sur un allié de poids. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a effectué ce week-end une visite officielle à Dar es Salaam. Ce déplacement fait de lui le premier haut responsable international à fouler le sol tanzanien depuis les violences post-électorales de la fin d’année 2025.

En s’affichant aux côtés de la présidente Samia Suluhu Hassan, Pékin envoie un message clair de continuité et de stabilité à la région.

Un appui diplomatique face aux critiques occidentales

Le contraste entre la position chinoise et celle des puissances occidentales est saisissant. Tandis que les États-Unis évoquent un réexamen complet de leurs relations et que l’Union européenne dénonce un scrutin non équitable, Pékin a choisi de féliciter les autorités pour le bon déroulement des élections. Le chef de la diplomatie chinoise a exprimé un soutien solide aux institutions tanzaniennes et affirmé son opposition à toute ingérence extérieure dans les affaires internes du pays. Cette posture de non-intervention, pilier de la diplomatie de Pékin, intervient alors que l’opposition tanzanienne fait état d’un bilan tragique de plus de 2 000 morts lors de la répression des manifestations déclenchées le 29 octobre dernier.

L’économie comme socle de l’alliance sino-tanzanienne

Derrière les poignées de main officielles se cache une réalité économique profonde. La Chine est devenue le premier partenaire bilatéral de la Tanzanie, et les chiffres de l’année 2025 confirment cette accélération. Rien que pour l’année écoulée, 343 projets financés par des capitaux chinois ont été enregistrés, représentant un investissement colossal de 3,1 milliards de dollars. Ces projets, principalement situés dans des zones économiques spéciales, sont essentiels pour le pouvoir en place, car ils auraient généré environ 80 000 emplois. De plus, la réhabilitation du chemin de fer Tanzanie-Zambie demeure le symbole d’une coopération infrastructurelle que Pékin entend bien poursuivre, indépendamment du climat politique.

Une stratégie d’influence étendue à l’Afrique australe

La visite de Wang Yi en Tanzanie n’est qu’une étape d’une tournée plus vaste incluant l’Éthiopie et le Lesotho. En se positionnant comme un partenaire qui ne pose pas de conditions liées aux droits de l’homme ou à la gouvernance intérieure, la Chine renforce son influence sur un continent où plusieurs pays font face à des tensions avec Washington. Au Kenya comme en Tanzanie, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint des sommets en 2024, portés par un besoin croissant de ressources minérales comme le lithium et l’or. En choisissant de maintenir ses investissements malgré la tourmente, Pékin consolide sa place de partenaire indispensable pour les gouvernements africains en quête d’alternatives aux financements occidentaux.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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