
Une attaque meurtrière a frappé l’hôpital universitaire d’El-Daein au Soudan, faisant des dizaines de victimes. Le principal centre de soins du Darfour-Est a été touché en pleine intensification des combats. L’OMS dénonce une tragédie qui illustre la vulnérabilité extrême des civils et des structures sanitaires.
Vendredi 20 mars 2026, la guerre au Soudan a franchi un nouveau cap dans l’horreur avec une frappe d’une violence exceptionnelle contre l’hôpital universitaire d’El-Daein. Selon le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au moins 64 personnes ont été tuées, dont 13 enfants. Le principal établissement médical de la capitale du Darfour-Est a été gravement touché, alors qu’il accueillait de nombreux blessés. Ce drame met en lumière la dégradation continue de la situation sécuritaire et la multiplication des attaques contre des infrastructures civiles essentielles.
Un établissement de santé vital réduit en cendres
L’impact de la frappe ne se mesure pas seulement au nombre de victimes immédiates, mais aussi à la destruction de l’outil de soin. L’hôpital universitaire d’El-Daein traitait des milliers de patients dans une région déjà dévastée par la guerre. Outre les patients et les enfants, le personnel médical a payé un lourd tribut avec le décès d’un médecin et de deux infirmières. Les stocks de médicaments et de matériel vital ont également été pulvérisés, mettant l’établissement totalement hors service. Cette perte prive désormais une population entière d’un accès aux soins d’urgence, aggravant une crise humanitaire déjà hors de contrôle au Darfour.
La guerre des drones et des accusations croisées
Sur l’origine de l’attaque, les versions s’affrontent avec virulence. L’ONG Emergency Lawyers et les Forces de soutien rapide (FSR) pointent du doigt l’armée soudanaise fidèle au général Abdel Fattah al-Burhan. Selon les paramilitaires, qui contrôlent la zone, des drones de fabrication turque auraient délibérément visé les services pédiatriques et gynécologiques. De son côté, l’état-major de l’armée nie toute implication, affirmant respecter scrupuleusement le droit international. Il rejette la responsabilité sur les FSR, qualifiant de telles exactions d’activités quotidiennes de la part des paramilitaires. Cette multiplication des frappes aériennes sur des zones civiles, écoles et hôpitaux témoigne d’une escalade technologique meurtrière dans le pays.
Un cri d’alarme international face à l’hécatombe
Face à cette tragédie, la communauté internationale multiplie les appels à la retenue. Le patron de l’OMS a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, martelant qu’assez de sang a été versé et exigeant la protection des soignants et des humanitaires. Depuis le début du conflit, plus de 2 000 personnes ont perdu la vie lors d’attaques visant spécifiquement des centres de santé au Soudan. Alors que l’ONU recense officiellement plus de 40 000 morts à l’échelle nationale, les observateurs sur place craignent que le bilan réel ne soit bien plus lourd, le Darfour s’enfonçant chaque jour un peu plus dans un abîme de violence systématique.




