
Ancien chef du renseignement politico-militaire du MALG, puis diplomate à Cuba, Mohamed Khelladi présente au Salon international du livre d’Alger (SILA) le récit de ses entretiens avec Che Guevara en 1962 et 1963, en présence d’Aleida Guevara, fille du révolutionnaire. Dans un premier livre, il racontait déjà comment les services d’Abdelhafid Boussouf avaient contribué à rallier un jeune sénateur américain, John F. Kennedy, à la cause algérienne.
Le nom de Mohamed Khelladi reste peu connu du grand public. Ses livres racontent pourtant des épisodes rarement évoqués de la diplomatie de la guerre d’indépendance et des premières années de l’Algérie indépendante. Étudiant en France, il répond en 1956 à l’appel à la grève de l’UGEMA et rejoint le FLN et l’ALN. En 1957, il travaille aux côtés de Houari Boumediene, futur président de la République, avant d’intégrer les services de renseignement de Boussouf. Après 1962, il entre dans la diplomatie, à Cuba d’abord, puis au Venezuela, où il sera ambassadeur.
Au SILA, qui se tient jusqu’au 7 novembre au Palais des expositions des Pins maritimes, il présente Mes conversations avec le Che (octobre 1962 – décembre 2025) : Des révolutions croisées, paru aux Éditions Bahaeddine avec une préface de Mourad Benachenhou.
Octobre 1962, entre Washington et La Havane
Le titre de l’ouvrage fixe le point de départ du récit en octobre 1962. Ce mois-là, Ahmed Ben Bella, chef du gouvernement de l’Algérie tout juste indépendante, est reçu par John F. Kennedy à la Maison-Blanche, puis s’envole pour La Havane, quelques jours avant que la crise des missiles n’éclate au grand jour. Les entretiens de Khelladi avec Ernesto Che Guevara se poursuivent en 1963, l’année où le Che séjourne lui-même en Algérie, à l’occasion du premier anniversaire de l’indépendance.

Le livre restitue notamment les inquiétudes du révolutionnaire argentin face à l’hégémonie occidentale. Le récit court jusqu’en décembre 2025 et l’auteur y relit ces échanges à la lumière des débats actuels sur les solidarités internationales.
Une première séance de présentation et de dédicace s’est tenue mercredi 4 novembre au pavillon de la Palestine, en présence d’Aleida Guevara, fille du Che. Celle-ci reste quelques jours en Algérie pour présenter l’ouvrage à Oran et à Constantine. La seconde séance au SILA est programmée le 6 novembre à partir de 15 heures, au même endroit.
Mohamed Khelladi est aussi l’auteur de De Boussouf à Kennedy : Liberté et foi (Casbah Éditions, 2017), où il affirme que le renseignement de l’ALN a fait découvrir les maquis et la Casbah au journaliste américain Joseph Kraft, qui aurait ensuite influencé le sénateur John F. Kennedy, auteur le 2 juillet 1957 d’un discours en faveur de l’indépendance algérienne.
Yasmina Khadra fait salle comble
Autre temps fort du salon, la rencontre avec Yasmina Khadra a attiré bien plus de monde que la salle ne pouvait en accueillir. Fidèle au SILA, l’auteur des Hirondelles de Kaboul a vu une partie de ses lecteurs rester dehors ou suivre l’échange dans de mauvaises conditions.
L’écrivain a regretté le choix d’une salle trop exiguë, alors que sa popularité en Algérie laissait prévoir une telle affluence. Ceux qui n’ont pas pu l’approcher peuvent se rattraper ce jeudi 5 novembre, lors de la séance de dédicace annoncée au stand de Casbah Éditions. Pour une rencontre dans un espace plus vaste, il faudra attendre l’an prochain.
La 29e édition du SILA réunit 1 567 maisons d’édition venues de 51 pays, dont 350 algériennes, avec l’Arabie saoudite pour invitée d’honneur et près de 300 000 titres proposés au public.








