Sagal Abdi-Wali, de réfugiée somalienne à députée de Londres


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Sagal Abdi-Wali
Sagal Abdi-Wali

Arrivée enfant au Royaume-Uni comme réfugiée, Sagal Abdi-Wali a prêté serment lundi 12 octobre à la Chambre des communes. Elle y représente Holborn and St Pancras, l’ancienne circonscription londonienne de Keir Starmer. De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump s’en prenait alors une nouvelle fois à la Somalie.

Une enfant de Camden

Née en Somalie, Sagal Abdi-Wali est arrivée en Grande-Bretagne au début des années 1990, avec sa mère et ses quatre frères, après avoir fui la guerre. Elle a grandi dans le quartier de Gospel Oak, au nord de Londres, dans l’arrondissement de Camden, auquel elle attribue le logement, l’éducation et les opportunités offerts à sa famille.

Avant la politique, elle s’est engagée dans des associations locales et auprès d’établissements scolaires. Élue conseillère municipale en 2022, chargée du logement en 2024, elle est devenue, en mai 2026, la première femme noire à diriger le conseil de Camden. Un parcours qui l’a conduite jusqu’à Westminster.

Son message aux jeunes tient en une phrase, prononcée après sa victoire : leur origine « ne détermine pas la taille de leurs rêves ».

Le siège de l’ancien Premier ministre

L’élection partielle du 8 octobre a été organisée après la démission de Keir Starmer de son siège de député, en septembre, après plus de dix ans de mandat. L’ancien Premier ministre britannique avait quitté Downing Street en juillet, remplacé par Andy Burnham.

Candidate du Labour, Sagal Abdi-Wali l’a emporté avec 12 292 voix, soit 45 % des suffrages. Le chef des Verts, Zack Polanski, a recueilli 8 928 voix (33 %), devant les conservateurs (7 %) et Reform UK (6 %). La participation a été de 38,76 %, selon le conseil de Camden.

Elle devient la première femme à représenter cette circonscription depuis sa création, en 1983, un « honneur extraordinaire » selon ses mots. Le Premier ministre Andy Burnham l’a félicitée pour sa victoire.

Ses priorités affichées sont locales et concrètes : la lutte contre le sans-abrisme, l’emploi et l’apprentissage pour les jeunes, ainsi que le retour de Thames Water dans le giron public.

Deux images de la diaspora somalienne, la même semaine

Le calendrier avait donné à cette élection une résonance particulière. Le 12 octobre, des agents fédéraux américains ont perquisitionné le domicile de la représentante Ilhan Omar, autre ancienne réfugiée somalienne devenue élue. Le ministère de la Justice n’a pas précisé l’objet de l’enquête mais selon une source citée par Reuters, elle porterait sur des documents d’immigration. La parlementaire démocrate dénonce une tentative d’intimidation politique.

Le soir même, dans l’Ohio, Donald Trump décrivait la Somalie comme l’un des pires pays du monde, tandis que des participants scandaient « Deport ! » (« Expulsez ! »).

À Londres, une autre enfant de cette diaspora prêtait alors serment à Westminster. Les deux trajectoires présentent des similitudes avec un exil dans l’enfance, un engagement communautaire, puis une ascension politique jusqu’à un mandat national.

Sagal Abdi-Wali n’a d’ailleurs pas été épargnée par les attaques liées à ses origines. En septembre, Zia Yusuf, porte-parole de Reform UK pour les affaires intérieures, avait publiquement mis en avant sa naissance en Somalie pour contester sa candidature. Des propos jugés racistes par des responsables de plusieurs bords. L’intéressée s’était dite plus triste qu’en colère.

La diaspora somalienne compte déjà plusieurs élus en Occident, d’Ilhan Omar, qui représente une partie de Minneapolis, à Ahmed Hussen, ancien ministre canadien né à Mogadiscio.

L’élection de Sagal Abdi-Wali ajoute un visage britannique à cette liste. Au soir de sa victoire, elle a répondu à sa façon à ceux qui contestaient son appartenance : « This is Camden, and this is Britain. »

Zainab Musa
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Zainab Musa est une journaliste collaborant avec afrik.com, spécialisée dans l'actualité politique, économique et sociale du Maghreb et de l'Afrique de l'Ouest. À travers ses enquêtes approfondies et ses analyses percutantes, elle met en lumière des sujets sensibles tels que la corruption, les tensions géopolitiques, les enjeux environnementaux et les défis de la transition énergétique. Ses articles traitent également des évolutions sociétales et culturelles, notamment à travers des reportages sur les figures influentes du Maroc et de l’Algérie. Son approche rigoureuse et son regard critique font d’elle une voix incontournable du journalisme africain francophone.
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