Sénégal, Affaire Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé : 12 des 16 interpellés sont porteurs du VIH


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Djiby Dramé et Pape Cheikh Diallo
Djiby Dramé et Pape Cheikh Diallo

Un nouveau cap vient d’être franchi dans l’affaire impliquant Pape Cheikh Diallo et Djiby Dramé. Les derniers développements de l’enquête révèlent que la majorité des personnes arrêtées dans ce dossier, soit 12 sur 16, sont séropositives au VIH, selon des éléments versés à la procédure. Entre accusations de transmission volontaire du virus, soupçons de trafic de drogue et investigations financières pour blanchiment de capitaux, cette affaire à fort retentissement médiatique prend une ampleur judiciaire et sanitaire inédite au Sénégal.

A Dakar,

L’affaire judiciaire impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo et le chanteur Djiby Dramé connaît une évolution majeure au Sénégal. Selon des sources judiciaires concordantes, sur les 16 personnes interpellées dans ce dossier à fort retentissement, 12 ont été déclarées porteuses du VIH à l’issue d’examens médicaux requis par les enquêteurs. Au-delà du scandale médiatique, cette affaire soulève des enjeux lourds sur les plans pénal, sanitaire et sociétal.

Une enquête déclenchée par de nouveaux aveux

L’enquête a pris un tournant décisif après l’extraction d’un suspect de la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss par la Brigade de recherches de Keur Massar. Cette opération, menée sur instruction judiciaire, a permis aux gendarmes d’approfondir les investigations et de confronter certains mis en cause à de nouveaux éléments matériels. Au cours de son audition, l’un des principaux suspects a reconnu avoir participé, depuis 2021, à des rencontres privées.

Le suspect est allé plus loin, révélant que ces rencontres impliquaient plusieurs partenaires, avec des rapports sexuels non protégés. Les enquêteurs ont ensuite sollicité une réquisition médicale auprès du centre de santé de Keur Massar, confirmant sa séropositivité. Ces déclarations ont ouvert la voie à une série d’interpellations supplémentaires, portant à 16 le nombre total de personnes arrêtées à ce stade de la procédure.

Des pratiques à risque au cœur du dossier

Selon les éléments communiqués par la gendarmerie, plusieurs mis en cause auraient entretenu des relations sexuelles non protégées. Ce, en ayant connaissance de leur statut sérologique. C’est ce point précis qui fonde l’accusation de transmission volontaire du VIH et de mise en danger de la vie d’autrui. D’après les informations versées au dossier, 12 des 16 interpellés sont porteurs du VIH.

Les autorités cherchent désormais à établir si des contaminations effectives ont eu lieu. Aussi, si l’élément intentionnel, indispensable à la qualification pénale, peut être retenu. Au Sénégal, la transmission volontaire d’une maladie grave peut entraîner de lourdes sanctions pénales, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’autres infractions telles que l’association de malfaiteurs.

Extension des charges : drogue et blanchiment de capitaux

Initialement centrée sur des faits qualifiés d’actes contre nature et de transmission volontaire du VIH, l’affaire s’est élargie. Le procureur territorialement compétent a ajouté des chefs d’accusation liés à l’usage et au trafic de drogue, ainsi qu’au blanchiment de capitaux. Les premières perquisitions ont entraîné des soupçons de consommation de substances illicites lors de certaines rencontres privées.

Les enquêteurs s’attachent désormais à déterminer l’existence éventuelle d’un réseau d’approvisionnement structuré. Si tel était le cas, l’affaire pourrait basculer dans le champ de la criminalité organisée. Concernant le blanchiment, des investigations financières sont en cours pour analyser d’éventuels flux suspects. Les magistrats cherchent à savoir si des fonds d’origine illicite ont été dissimulés ou réinjectés dans des circuits légaux.

Des perquisitions ciblées à Dakar

Dans le cadre d’une délégation judiciaire confiée à la Brigade de recherches, plusieurs perquisitions ont été menées à Dakar. Notamment aux domiciles de certains inculpés. Les personnes concernées, actuellement sous mandat de dépôt, ont été extraites temporairement pour assister aux opérations. Certaines fouilles n’auraient rien révélé de compromettant selon les avocats de la défens. D’autres auraient permis la saisie de matériel jugé utile à l’enquête. Les autorités restent toutefois discrètes sur la nature précise des objets récupérés.

À l’issue des opérations, les suspects ont été reconduits à la prison de Rebeuss, où ils demeurent en détention préventive. La révélation selon laquelle 12 des 16 interpellés sont porteurs du VIH confère à l’affaire une dimension sanitaire particulièrement sensible. Le VIH demeure un enjeu de santé publique au Sénégal. dans ce pays, les autorités mènent, depuis des années, des campagnes de sensibilisation. Celles-ci sont axées sur le dépistage volontaire, la prévention et l’accès aux traitements antirétroviraux.

Un dossier sensible sur le plan sanitaire

Les spécialistes rappellent qu’une personne vivant avec le VIH et suivant correctement son traitement peut atteindre une charge virale indétectable, réduisant considérablement le risque de transmission. Toutefois, en cas de rapports non protégés sans suivi médical adéquat, le risque demeure réel. Dans ce dossier, la justice tente d’établir si les mis en cause avaient connaissance de leur statut, s’ils suivaient un traitement et s’ils ont volontairement exposé autrui au virus. La notoriété de Pape Cheikh Diallo et de Djiby Dramé confère à cette affaire un retentissement exceptionnel.

Sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels, les débats sont vifs. Toutefois, à ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée. Les mis en cause bénéficient de la présomption d’innocence, principe fondamental du droit pénal sénégalais. L’instruction suit son cours et pourrait durer plusieurs mois, les affaires criminelles n’étant pas soumises à un délai strict de clôture. Les enquêteurs exploitent actuellement des communications électroniques, notamment via des applications de messagerie, afin d’identifier d’éventuels autres participants.

De nouvelles interpellations possibles

Une nouvelle vague d’arrestations n’est pas exclue si des éléments probants émergent. L’objectif des autorités est double. D’abord établir les responsabilités individuelles. Ensuite déterminer s’il existait une organisation structurée derrière ces activités. Entre accusations de transmission volontaire du VIH, mise en danger de la vie d’autrui, trafic de drogue et blanchiment de capitaux, ce dossier s’annonce comme l’un des plus complexes et sensibles de ces dernières années au Sénégal.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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