
Dans le cadre d’une enquête financière en France, l’Institut du monde arabe est perquisitionné. Cette fouille entre dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein, où l’ancien président de l’IMA, Jack Lang, est visé.
Nouveau rebondissement judiciaire dans le sillage de l’affaire Jeffrey Epstein. Des perquisitions ont été menées à Paris, notamment à l’Institut du monde arabe (IMA), dans le cadre d’investigations visant son ancien président, Jack Lang. Selon des sources judiciaires, ces opérations s’inscrivent dans une enquête ouverte pour des soupçons de blanchiment de fraude fiscale aggravée. Les investigations portent notamment sur des flux financiers liés à une structure offshore qui aurait bénéficié à un membre de sa famille.
Cinq dossiers sensibles analysés par la justice française
L’information a été confirmée par le Parquet national financier (PNF), compétent en matière de délinquance économique et financière. L’ancien ministre de la Culture a déclaré être « serein » et affirme n’avoir « rien à cacher ». Aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade.
Parmi les personnalités citées figurent :
- Jean-Luc Brunel, ancien agent de mannequins proche d’Epstein, décédé en détention en 2022 ;
- Fabrice Aidan, mentionné dans des archives judiciaires américaines ;
- Daniel Siad, visé par une plainte pour des faits anciens ;
- Frédéric Chaslin, chef d’orchestre cité dans une procédure distincte.
Les magistrats insistent sur un point essentiel : la présence d’un nom dans des archives judiciaires ne constitue pas en soi une preuve d’infraction. Chaque situation fait l’objet d’analyses individualisées. Karim Wade mentionné : un nom déjà associé à des affaires financières. Les nouvelles vagues de documents issus de procédures américaines font également apparaître le nom de Karim Wade, ancien ministre sénégalais et fils de l’ex-président Abdoulaye Wade.
Jacob Zuma et Karim Wade cité dans l’affaire
Les mentions semblent concerner des échanges relationnels et des tentatives de mise en contact, sans lien direct avec les crimes sexuels pour lesquels Epstein a été poursuivi. Karim Wade avait été condamné en 2015 au Sénégal pour enrichissement illicite avant d’être gracié. Son nom reste associé à plusieurs controverses économiques, indépendamment de toute référence à l’affaire Epstein. À ce stade, aucun élément public ne démontre une implication pénale en lien avec les faits criminels reprochés au financier américain.
Autre figure citée dans des documents déclassifiés : Jacob Zuma. L’ancien président sud-africain apparaît dans un contexte relationnel évoquant un événement à Londres au début des années 2010. Là encore, aucune accusation formelle n’est formulée. Mais cette mention intervient dans un climat déjà lourd pour Zuma, fragilisé par plusieurs scandales, notamment ceux révélés par la commission d’enquête sur la « capture de l’État » durant son mandat.
Epstein au mariage de Mohammed VI avec Lalla Salma
Politiquement, cette citation ravive les critiques alors qu’il tente un retour sur la scène nationale. Les documents américains ont également relancé une controverse liée à la présence d’Epstein lors du mariage de Mohammed VI avec Lalla Salma en juillet 2002. D’après des archives et des registres de vol, Epstein et Ghislaine Maxwell auraient assisté à un dîner officiel à Rabat comme invités personnels de Bill Clinton. Aucun document public ne démontre un lien direct ou personnel entre le souverain marocain et le financier américain.
En 2002, Epstein n’avait fait l’objet d’aucune condamnation pénale. Son arrestation initiale interviendra en 2006, bien après cet événement. L’affaire Epstein continue ainsi de produire des effets en chaîne, bien au-delà des États-Unis. Entre enquêtes financières en France, mentions politiques en Afrique et controverses diplomatiques, les révélations successives alimentent un climat de suspicion internationale.
Un révélateur puissant des réseaux d’influence
Les autorités judiciaires rappellent toutefois un principe fondamental : être cité dans des archives judiciaires ne signifie pas être impliqué dans des activités criminelles. Les procédures en cours visent à distinguer faits établis, responsabilités pénales éventuelles et simples interactions sociales ou diplomatiques. Plus de six ans après la mort d’Epstein en détention, son dossier demeure un révélateur puissant des réseaux d’influence ayant gravité autour de lui.





