
L’affaire judiciaire impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo, le chanteur Djiby Dramé et leurs coaccusés connaît une nette escalade. De nouvelles charges liées à l’usage et au trafic de drogue viennent s’ajouter aux poursuites déjà lourdes pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et transmission volontaire du VIH. Alors que les perquisitions se multiplient et que l’instruction s’élargit, ce dossier à fort retentissement médiatique prend une dimension criminelle plus vaste, avec des ramifications potentielles encore à élucider.
A Dakar,
L’affaire impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo, le chanteur Djiby Dramé et dix autres personnes prend une nouvelle tournure. Initialement poursuivis pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et blanchiment de capitaux, les mis en cause font désormais face à de nouvelles accusations. Le procureur de Pikine/Guédiawaye a en effet ajouté des chefs liés à l’usage et au trafic de drogue, élargissant considérablement le périmètre de l’enquête judiciaire.
Cette évolution marque un important tournant procédural. En matière criminelle, aucun délai strict ne limite la durée de l’instruction, ce qui permet aux magistrats d’approfondir les investigations sans contrainte temporelle immédiate. L’ajout de ces infractions renforce la gravité du dossier et pourrait déboucher sur de nouvelles inculpations.
Usage et trafic de drogue : des soupçons issus des premières investigations
Selon des éléments issus des investigations menées par la brigade de recherches de Keur Massar, certains des prévenus auraient consommé différentes substances illicites dans un cadre privé. Les enquêteurs soupçonnent également l’existence d’un circuit d’approvisionnement structuré, ce qui justifierait l’inclusion du trafic de drogue dans le réquisitoire introductif.
Le parquet a d’ailleurs demandé au juge d’instruction d’étendre les investigations à d’éventuels fournisseurs, en visant des personnes non encore identifiées. Cette démarche permet d’ouvrir la procédure à toute personne susceptible d’être impliquée dans la fourniture ou la distribution des produits incriminés. L’objectif est de déterminer si ces faits relèvent d’actes isolés ou d’un réseau organisé, ce qui pourrait transformer l’affaire en dossier de criminalité structurée.
Perquisitions et délégation judiciaire : l’enquête se poursuit
Le juge du premier cabinet a confié une délégation judiciaire à la brigade de recherches afin d’approfondir les investigations. Dans ce cadre, plusieurs inculpés ont été extraits de la prison de Rebeuss pour les besoins de perquisitions menées à leurs domiciles respectifs. Des opérations ont notamment eu lieu aux résidences de Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et d’un troisième prévenu présenté comme banquier.
Les enquêteurs ont procédé à des saisies d’objets dans certains domiciles, tandis que d’autres perquisitions n’auraient révélé aucun élément jugé compromettant, selon les déclarations de la défense. À l’issue des opérations, les mis en cause ont été reconduits à la maison d’arrêt de Rebeuss, où ils restent placés sous mandat de dépôt.
Transmission volontaire du VIH : un volet sensible du dossier
Parmi les infractions retenues figure également la transmission volontaire du VIH/sida, un chef d’accusation particulièrement grave au regard du droit pénal sénégalais. Les enquêteurs cherchent à établir si des actes ont été commis en connaissance d’un risque sanitaire et avec l’intention de nuire. Ce volet du dossier soulève des enjeux à la fois juridiques et médicaux. La qualification de « mise en danger de la vie d’autrui » vient par ailleurs renforcer l’arsenal juridique mobilisé par le parquet dans cette affaire.
L’enquête ne se limite pas aux aspects liés aux mœurs et aux stupéfiants. Les soupçons de blanchiment de capitaux constituent un autre axe central des investigations. Les autorités cherchent à savoir si des flux financiers suspects ont été utilisés pour dissimuler l’origine de fonds liés aux activités incriminées. Des vérifications bancaires et patrimoniales sont en cours afin d’identifier d’éventuels circuits financiers opaques. Si des éléments probants sont établis, les poursuites pourraient être élargies à d’autres infractions économiques.
Une affaire à fort retentissement médiatique au Sénégal
Compte tenu de la notoriété de certaines personnes impliquées, cette affaire suscite un large écho dans l’opinion publique sénégalaise. La justice, de son côté, affirme vouloir traiter le dossier avec impartialité et rigueur, en respectant la présomption d’innocence. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée. Entre accusations de drogue, blanchiment, transmission volontaire du VIH et association de malfaiteurs, le dossier pourrait encore connaître de nouveaux développements dans les jours à venir.





