Kenya : 52 nouveaux chefs d’inculpation contre Paul Mackenzie


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Paul Mackenzie
Paul Mackenzie

Le nom de Paul Mackenzie, déjà lié au drame de la forêt de Shakahola, refait surface devant la justice kényane. Alors que le pays peine encore à se remettre du massacre de 2023, de nouvelles accusations viennent alourdir ce dossier hors norme. Le pasteur et sept co-accusés ont été inculpés pour la mort de 52 personnes supplémentaires exhumées à Kwa Binzaro.

Cette nouvelle étape judiciaire ravive un traumatisme national et relance les interrogations sur l’ampleur du réseau sectaire.

Le scénario macabre de Kwa Binzaro

L’affaire de Kwa Binzaro semble être le miroir tragique de celle de Shakahola. Les exhumations pratiquées en août dernier ont révélé une réalité insoutenable. Les victimes, dont près de la moitié étaient des enfants âgés de 6 mois à 17 ans, sont mortes de faim. Devant la cour de Shanzu, les huit prévenus ont plaidé non coupables des chefs de terrorisme. Ils sont accusés d’avoir promu une idéologie violente poussant des fidèles à un jeûne extrême pour « atteindre le paradis avant la fin du monde ».

Une emprise orchestrée depuis la prison

L’élément le plus troublant de ce nouveau volet judiciaire réside dans la chronologie des faits. Les décès à Kwa Binzaro se seraient produits entre janvier et juillet 2025. Durant cette période, Paul Mackenzie était déjà derrière les barreaux depuis plus de deux ans. L’accusation soutient que le pasteur aurait continué à diriger ses desseins funestes depuis sa cellule. Par ailleurs, des notes manuscrites détaillant des transactions financières par téléphone portable auraient été retrouvées dans sa cellule. Celles-ci renforcent l’hypothèse d’une collaboration étroite avec Shallyne Temba, la prêtresse locale du site de Kwa Binzaro.

Un marathon judiciaire sous haute tension

La justice kényane a choisi de diviser les procédures pour traiter l’ampleur des crimes. Parallèlement au procès pour terrorisme à Shanzu, des audiences pour « meurtres sur enfants » et « homicide » ont débuté à la Haute cour de Mombasa. Toutefois, la juge a suspendu les plaidoiries pour ordonner une évaluation psychologique préalable des accusés. Face à la gravité de ces nouveaux éléments, le procureur a d’ores et déjà annoncé qu’il s’opposerait à toute libération sous caution. Il craint que l’influence de la secte ne continue de se propager malgré l’incarcération de ses dirigeants.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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