Sénégal : mort d’un étudiant à l’UCAD, le gouvernement promet de faire la lumière


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Manifestations Sénégal
Manifestations Sénégal

La mort d’un étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar a provoqué une onde de choc au Sénégal. Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine dentaire, a perdu la vie à la suite de violents heurts survenus lors d’une manifestation liée au retard de paiement des bourses étudiantes. Ce drame a ravivé les tensions déjà vives dans les universités publiques du pays.

Les autorités ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour établir les responsabilités.

Des heurts sur fond de revendications sociales

Les violences ont éclaté lundi sur le campus de l’UCAD, l’un des plus grands établissements universitaires d’Afrique de l’Ouest. Depuis plusieurs mois, les étudiants multiplient les protestations pour réclamer le versement d’arriérés de bourses et dénoncer la dégradation de leurs conditions de vie.

Selon les autorités, Abdoulaye Ba a été mortellement touché lors des affrontements. Le gouvernement a exprimé ses « condoléances les plus attristées » à sa famille. Il a également appelé à la retenue et à l’apaisement. Dans ce contexte, un point de presse réunissant plusieurs ministres devait être organisé afin de détailler les circonstances du drame et les mesures envisagées pour sécuriser le campus.

Université fermée et climat de stupeur

Au lendemain du décès, les autorités ont décidé de fermer la cité universitaire de l’UCAD « jusqu’à nouvel ordre ». Ainsi, de nombreux étudiants se sont retrouvés contraints de quitter les lieux, parfois sans moyens financiers pour rejoindre leur famille.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements entre étudiants et forces de sécurité. Des gaz lacrymogènes ont été tirés dans l’enceinte universitaire, tandis que des étudiants ripostaient par des jets de pierres. Les circonstances exactes de la mort du jeune homme restent encore floues.

De son côté, l’Amicale des étudiants de la faculté de médecine affirme que l’étudiant aurait été victime de violences policières dans sa chambre. Cependant, cette version n’a pas été confirmée de manière indépendante.

Appels à une enquête indépendante

Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent l’usage « disproportionné de la force » sur le campus. Amnesty International, la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme et la Ligue sénégalaise des droits humains demandent une enquête indépendante et impartiale.

Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (SAMES) s’est joint à ces appels. Il estime qu’« aucune raison d’ordre public ne saurait justifier la mort d’un étudiant » et réclame la fin de la répression des revendications étudiantes.

Une jeunesse sous pression économique

La crise des bourses universitaires s’inscrit dans un contexte économique difficile. Les étudiants peuvent rester plusieurs mois sans percevoir leur aide financière, qui varie entre 20 000 et 60 000 FCFA par mois. Ces retards alimentent régulièrement les tensions sur les campus.

Alors que près de 75 % de la population sénégalaise a moins de 35 ans, la question de l’insertion et des conditions de vie des jeunes reste centrale. Ce drame pourrait raviver les débats sur la gestion des universités et la réponse des autorités aux revendications sociales.

Sidoine
Sidoine observe, écoute et raconte l’Afrique telle qu’elle se vit au quotidien. Sur Afrik.com, il mêle récits, portraits et analyses pour donner chair aux événements et aux débats qui animent le continent
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