Séisme politique au Maroc : le maire de Tanger arrêté sur fond de fraudes électorales


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Mounir Laymouri
Mounir Laymouri

Le Maroc traverse une période d’incertitude politique au lendemain des élections législatives du mercredi 23 septembre 2026. Lundi 28 septembre, Mounir Limouri, maire de Tanger et figure de proue du Parti Authenticité et Modernité (PAM), a été interpellé à l’aéroport de Tanger à sa descente d’un vol en provenance d’Espagne, avant d’être placé en garde à vue sous le coup d’un mandat d’arrêt.

C’est dans le cadre d’une vaste enquête judiciaire pour fraudes électorales présumées que Mounir Limouri, maire de Tanger, a été interpellé hier. L’opération a déjà conduit à la détention provisoire de cinq autres personnes, dont des responsables de bureaux de vote. L’affaire éclate alors que le PAM, grand vainqueur d’un scrutin marqué par une faible participation, s’apprête à diriger le prochain gouvernement.

La légitimité des résultats électoraux en question

Cette arrestation fragilise la légitimité des résultats électoraux de la circonscription de Tanger-Assilah et place la région dans l’incertitude. Le scrutin a, en effet, produit un résultat contrasté car si la coalition sortante conserve globalement le contrôle des institutions, le PAM a réalisé une percée en s’adjugeant 97 des 395 sièges de la Chambre des représentants, reléguant à la deuxième place le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui obtient 66 sièges.

Cette victoire intervient toutefois dans un contexte de participation particulièrement faible : le taux de mobilisation s’est établi à 38,02%, le plus bas enregistré au Maroc depuis vingt ans. L’affaire de Tanger a débuté le jour même du vote, dans la circonscription Tanger-Assilah. Un individu a été surpris dans l’enceinte d’un groupe scolaire servant de centre de vote, alors qu’il transportait un sac contenant des documents électoraux et des bulletins qui auraient été manipulés.

Les présidents de deux bureaux de vote et leurs adjoints en détention

Le procureur général du roi près la Cour d’appel de Tanger a aussitôt ordonné une enquête judiciaire, complétée par une investigation administrative du ministère de l’Intérieur. À ce jour, cinq complices présumés sont en détention, parmi lesquels les présidents de deux bureaux de vote et leurs adjoints. L’arrestation de Mounir Limouri laisse penser que les ramifications de cette fraude présumée pourraient s’étendre jusqu’à la direction municipale et partisane.

Face à cette affaire, la direction collégiale du PAM cherche à limiter les retombées politiques. Dans un communiqué, le parti a affirmé son attachement aux institutions judiciaires, sans se prononcer sur les conclusions de l’enquête, tout en indiquant qu’il était prêt à prendre des sanctions disciplinaires si la culpabilité de ses cadres était établie. Le parti rappelle avoir déjà exclu des militants par le passé pour des motifs éthiques.

Première femme à diriger le gouvernement marocain ?

L’enjeu à court terme reste la nomination du prochain Chef du gouvernement. Le roi Mohammed VI doit constitutionnellement désigner cette personnalité au sein du parti arrivé en tête. Avant ce scandale, deux profils du PAM se détachaient. D’abbord Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football.

Il y a aussi Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Aménagement du territoire et maire de Marrakech. Elle est pressentie pour devenir la première femme à diriger le gouvernement marocain. Reste à savoir si le Palais royal maintiendra l’un de ces deux noms, ou s’il privilégiera une personnalité extérieure à la controverse pour former le prochain gouvernement.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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