
Les Législatives marocaines du 23 septembre 2026 ont été marquées par une forte recomposition de la Chambre des représentants et par une participation de seulement 38,02%. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges, devant le RNI et l’Istiqlal, tandis que le PJD effectue un net retour.
Le Maroc se réveille avec une nouvelle configuration parlementaire après les élections législatives du 23 septembre 2026. Les résultats provisoires annoncés dans la nuit de mercredi à jeudi par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, placent le Parti authenticité et modernité (PAM) en première position avec 97 sièges sur les 395 de la Chambre des représentants. Le scrutin se distingue surtout par un taux de participation de 38,02%, en nette baisse par rapport aux précédentes Législatives.
Le PAM prend la tête, le RNI recule
Avec 97 députés, le PAM devance le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui obtient 66 sièges, et le Parti de l’Istiqlal, crédité de 65 élus. Le Parti de la justice et du développement (PJD) arrive ensuite avec 54 sièges, après n’en avoir obtenu que 13 lors du scrutin de 2021. Le Mouvement populaire compte 29 députés, l’USFP 26, le PPS 19 et l’Union constitutionnelle 17. Le résultat du RNI constitue l’un des principaux changements par rapport à 2021.
Le parti, qui avait obtenu 102 sièges lors du précédent scrutin et dirigeait la coalition gouvernementale sortante, en perd 36. Le PAM progresse de son côté par rapport à 2021, passant de 87 à 97 sièges. L’Istiqlal recule de 81 à 65 députés. L’autre donnée d’envergure des Législatives concerne la mobilisation électorale. Sur les 15,8 millions d’électeurs inscrits, près de six millions ont participé au vote, soit 38,02% selon le ministère de l’Intérieur.
Une participation en forte baisse
Le chiffre était de 50,35% en 2021 et de 42,29% en 2016. Il faut remonter au scrutin de 2007, avec 36,89%, pour retrouver une participation plus faible. Le scrutin de 2026 s’est déroulé dans 40 694 bureaux de vote. Vingt-huit formations politiques avaient présenté des candidatures pour les 395 sièges de la Chambre des représentants. Les opérations de vote se sont déroulées, selon le ministère de l’Intérieur, dans des conditions normales à l’échelle nationale, hormis quelques incidents isolés.
La structure du corps électoral apporte un autre éclairage sur cette faible participation. Les statistiques officielles arrêtées en juillet font apparaître 15 801 162 électeurs inscrits. Les 18-24 ans ne représentent que 4% des inscrits, alors que les personnes âgées de 60 ans et plus comptent pour 29%. Les 25-34 ans représentent 15% du corps électoral. Ce chiffre de 4% correspond à leur proportion parmi les personnes inscrites sur les listes électorales.
Le PJD retrouve une place centrale
Des analyses publiées avant le scrutin ont toutefois souligné le décalage entre le poids démographique de cette génération et sa présence dans le corps électoral. L’Associated Press relevait notamment les préoccupations liées à l’emploi, à l’éducation, aux soins et aux perspectives économiques. Le retour du PJD constitue l’un des autres faits marquants du scrutin. Après son effondrement en 2021, lorsque le parti était passé de 125 sièges en 2016 à seulement 13, il remonte à 54 députés.
Cette progression lui permet de retrouver une représentation parlementaire nettement plus importante. Avec 97 sièges, le PAM ne dispose toutefois pas à lui seul de la majorité absolue, fixée à 198 députés sur 395. La composition du prochain gouvernement dépendra donc des alliances qui seront constituées au Parlement. La Constitution prévoit que le chef du gouvernement est nommé par le roi au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants.




