RDC : Ebola franchit la barre des 4 000 morts


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Virus Ebola
Virus Ebola

La RDC fait face à une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent. Avec 4 018 décès pour 8 300 cas confirmés, l’épidémie d’Ebola continue de progresser dans sept provinces. Médecins sans frontières (MSF) redoute que le bilan réel soit encore plus lourd, en raison des difficultés de détection et de surveillance.

Le chiffre est tombé comme un nouveau signal d’alarme. En R RDC, l’épidémie d’Ebola a désormais fait plus de 4 000 morts. Selon les dernières données de l’Institut national de santé publique (INSP), publiées ce vendredi 2 octobre 2026, 4 018 décès ont été enregistrés sur 8 300 cas confirmés. Le taux de létalité atteint 48,4 %, soit presque une personne décédée pour deux cas recensés. Partie de l’Ituri, l’épidémie touche aujourd’hui six autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Sud-Ubangi. Cette progression géographique complique considérablement les opérations de surveillance, de dépistage et de prise en charge des malades.

Une épidémie historique, des moyens sous pression

Les chiffres de l’INSP font également état de 2 162 personnes guéries et de 842 patients actuellement en isolement ou hospitalisés. Le suivi des contacts, élément essentiel pour interrompre les chaînes de transmission, affiche un taux de couverture de 80,6 %. Mais ces données ne racontent qu’une partie de la situation. Jeudi, Médecins sans frontières (MSF) a averti que le nombre réel de victimes pourrait être supérieur au bilan officiel. Les lacunes dans la surveillance épidémiologique et la détection des infections empêchent, selon l’organisation, de mesurer toute l’étendue de la propagation.

Dans une analyse publiée le 30 septembre, Médecins sans frontières souligne notamment les difficultés à identifier et à suivre l’ensemble des personnes exposées. Certains contacts ne sont pas enregistrés, restent injoignables ou ne peuvent être suivis régulièrement. Plus de 68 % des décès liés à Ebola survenus durant cette épidémie sont par ailleurs estimés avoir eu lieu dans la communauté, c’est-à-dire à domicile ou en dehors des structures sanitaires. Une situation qui révèle les failles persistantes de la surveillance et peut retarder l’identification de nouveaux foyers.

Déclarée le 15 mai 2026, cette 17e épidémie est provoquée par le virus Bundibugyo. Elle est désormais considérée comme la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, dépassant notamment l’épidémie de 2018-2020. À l’échelle mondiale, elle se situe derrière celle qui avait ravagé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

La riposte confrontée à de nombreux obstacles

Au-delà de la progression du virus, les équipes sanitaires doivent composer avec l’insécurité, les déplacements de populations, les difficultés d’accès à certaines zones et la méfiance d’une partie des communautés. MSF avertit depuis plusieurs semaines qu’une baisse apparente du nombre de cas ne signifie pas nécessairement que l’épidémie recule car dans certaines zones, les difficultés de surveillance peuvent aussi réduire le nombre d’infections effectivement détectées.

La détection précoce des malades, leur isolement, les soins de soutien, les enterrements sécurisés et le suivi des personnes exposées restent les principaux leviers de la riposte. La question vaccinale demeure, elle, beaucoup plus incertaine. Le vaccin Ervebo, homologué contre le virus Ebola Zaïre, n’est pas homologué contre Bundibugyo et son efficacité contre ce virus chez l’être humain n’est pas établie. L’OMS recommande donc son utilisation uniquement dans le cadre de protocoles de recherche. Une étude menée par MSF, Epicentre et leurs partenaires est actuellement en cours auprès de travailleurs de première ligne en RDC.

L’INSP rappelle enfin que les chiffres publiés restent provisoires et peuvent évoluer après consolidation, validation et harmonisation des données remontées par les provinces et les équipes de la riposte.

Serge Ouitona
Serge Ouitona, historien, journaliste et spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne.
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