
En République démocratique du Congo, porter secours est devenu une mission de plus en plus périlleuse. Le rapport annuel du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), publié ce 8 janvier 2026, dresse un bilan alarmant de l’année écoulée. Avec un total de 626 incidents ayant visé directement les acteurs de l’aide sur l’ensemble du territoire national en 2025, la pression sur les opérations de secours atteint des sommets inquiétants.
Ce climat d’insécurité permanente menace désormais la survie des populations les plus vulnérables qui dépendent quasi exclusivement de l’assistance internationale.
Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu au cœur de la tourmente
La géographie de la violence reste fortement concentrée dans la partie orientale du pays. Sans surprise, le Nord-Kivu arrive en tête de ce triste classement avec 290 incidents documentés, soit 46 % de l’ensemble des cas nationaux. Cette province, marquée par une insécurité endémique, précède le Sud-Kivu qui totalise 177 incidents (28 %). L’Ituri, le Tanganyika et le Maniema complètent ce tableau avec des proportions moindres, mais tout aussi révélatrices de la fragmentation du front sécuritaire. L’OCHA souligne que cette répartition est intimement liée aux contraintes d’accès persistantes et aux mouvements incessants des groupes armés.
Un mois de décembre particulièrement meurtrier au Sud-Kivu
La fin de l’année 2025 a été marquée par un basculement significatif des zones de tension. En décembre, les experts de l’ONU ont noté une dégradation brutale des conditions opérationnelles au Sud-Kivu. Alors que la moyenne annuelle d’incidents y était de 28 %, elle a bondi à 50 % pour le seul mois de décembre. Ce pic de violence s’explique par les changements soudains des lignes de front observés en fin d’année, ce qui oblige les humanitaires à naviguer dans un environnement de plus en plus imprévisible. Pendant ce temps, le Nord-Kivu connaissait une baisse relative de l’intensité des agressions, bien que la province reste la plus dangereuse sur le long terme en raison de la forte concentration d’acteurs humanitaires.
Menaces, vols et entraves : le quotidien des équipes de secours
La nature des incidents rapportés par l’OCHA révèle une stratégie de harcèlement multidimensionnelle. Les cambriolages, les vols à main armée et les intrusions dans les bases humanitaires constituent la principale menace et représentent 36 % des cas. Ils sont suivis de près par les interférences administratives et les restrictions de mouvement (34 %), qui paralysent la logistique des secours. Enfin, les intimidations, menaces et agressions physiques directes comptent pour 27 % des événements documentés. Cette combinaison de facteurs ne se contente pas de ralentir les opérations. Elle crée un climat de peur qui force parfois les agences à suspendre temporairement leurs activités et laisser des milliers de civils sans assistance vitale.




