
Les combats entre l’armée congolaise et la coalition rebelle AFC/M23 se sont dangereusement rapprochés d’Uvira, dans le Sud-Kivu, ce samedi 3 janvier. D’une intensité inhabituelle, les affrontements ont éclaté à une dizaine de kilomètres de la ville. Ils ravivent les craintes d’une extension du conflit. Les populations civiles, prises au piège, commencent à fuir les zones les plus exposées tandis que les infrastructures vitales sont touchées. Cette escalade remet en cause les espoirs de stabilisation nés des récents engagements diplomatiques régionaux.
La province du Sud-Kivu replonge dans l’angoisse alors que les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la coalition rebelle AFC/M23 ont franchi un nouveau seuil ce samedi 3 janvier. Les combats, d’une intensité rare, se sont rapprochés dangereusement de la ville stratégique d’Uvira, marquant une rupture brutale avec les espoirs de stabilisation nés des récents sommets diplomatiques.
Un front qui se rapproche de la cité côtière
Les détonations à l’arme lourde ont déchiré le calme précaire de la région dès les premières heures de la journée. Selon plusieurs rapports des experts des Nations Unies, les affrontements se sont concentrés à Kigongo ainsi que dans les localités périphériques situées à une dizaine de kilomètres seulement au sud d’Uvira.
Sur le terrain, l’armée régulière, soutenue par les groupes de défense d’autodéfense dits « Wazalendo », fait face à l’AFC/M23. Cette coalition rebelle agirait en concertation avec le groupe Twirwaneho et bénéficierait d’un appui rwandais, une implication de nouveau pointée du doigt par les observateurs internationaux.
Le calvaire des populations civiles entre tirs et exil
À Uvira, la peur s’est installée dans les foyers. Si le centre-ville a tenté de maintenir une activité normale, l’écho des combats dans les moyens plateaux rappelle la fragilité de la situation. Des témoignages poignants décrivent un climat de terreur où les habitants s’enferment chez eux, faute de savoir vers où se diriger.
Pour ceux qui ont dû fuir les zones de combats comme Kigongo, la survie est un combat quotidien. Des familles entières s’entassent désormais dans des églises ou des abris de fortune, sans accès à l’eau potable. Certains déplacés en sont réduits à consommer l’eau du lac Tanganyika ou les eaux de pluie. Cet état de choses fait craindre une crise sanitaire majeure.
Des infrastructures vitales réduites en cendres
Au-delà du bilan humain, le coût matériel et social de cette nouvelle poussée de violence est lourd. La société civile locale tire la sonnette d’alarme sur la destruction ciblée ou collatérale de nombreuses infrastructures sanitaires et éducatives. En s’attaquant aux écoles et aux centres de santé, les belligérants compromettent durablement l’avenir de la jeunesse et l’accès aux soins de base dans une zone déjà sinistrée par des décennies de conflits récurrents.
Face à cette escalade, les forces vives du Sud-Kivu s’interrogent sur la viabilité des processus diplomatiques. Mick Mutiki, président du cadre de concertation de la société civile, a rappelé avec fermeté l’existence d’accords conclus fin 2025 entre Kinshasa et Kigali, sous l’égide de médiateurs internationaux. La population, épuisée par l’instabilité, exige aujourd’hui que les belligérants honorent leur signature et appliquent un cessez-le-feu immédiat. Pour les habitants d’Uvira, l’heure n’est plus aux déclarations d’intention, mais à une paix concrète qui permettrait enfin d’amorcer la reconstruction de la province.




