
L’Assemblée nationale du Bénin a officiellement ouvert un nouveau chapitre de son histoire institutionnelle, ce dimanche 8 février 2026, avec l’installation des 109 députés élus lors des législatives du 11 janvier dernier et la mise en place du bureau de la 10ᵉ législature.
Ce dimanche, les députés de la 10e législature béninoise ont été installés. Dans la même journée, les nouveaux élus ont procédé à l’élection du bureau. Sans surprise, le président de l’Union progressiste Le Renouveau (UPR), Joseph Djogbénou, a été élu à la tête du Parlement, consacrant ainsi la domination de la mouvance présidentielle sur l’ensemble de l’architecture parlementaire.
Une élection sans surprise
Seul candidat en lice pour le perchoir, Joseph Djogbénou a été élu président de l’Assemblée nationale à l’unanimité des 109 députés, avec zéro voix contre et aucune abstention. Un score sans équivoque qui reflète la configuration politique issue des urnes : l’ensemble des députés appartient à des formations soutenant le Président Patrice Talon, à savoir l’Union progressiste Le Renouveau (60 sièges) et le Bloc républicain (49 sièges).
Dans un tel contexte, l’élection du président de l’UPR ne constituait qu’une formalité institutionnelle. Elle repose à la fois sur le poids numérique de son parti, majoritaire à l’Assemblée, et sur son statut politique singulier, forgé au fil des dix dernières années au sommet de l’État béninois.
Joseph Djogbénou, un parcours au cœur du pouvoir
Député de la 23ᵉ circonscription électorale, Joseph Djogbénou prend les rênes du Parlement pour les sept prochaines années, succédant à Louis Vlavonou, président de l’Assemblée nationale depuis 2019. Avocat, ex-ministre de la Justice, puis président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou incarne une figure centrale de la refondation institutionnelle engagée depuis l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon. Élu député pour la première fois en 2015 sous la bannière de l’Union fait la Nation, il avait présidé la commission des lois avant de rejoindre l’exécutif, puis la plus haute juridiction constitutionnelle du pays.
Sa démission de la Cour constitutionnelle à la veille des législatives de 2023, suivie d’un retour progressif sur la scène partisane et parlementaire, a pavé la voie à cette accession au perchoir, qui consacre son retour au premier plan institutionnel.
Un bureau marqué par la continuité et l’équilibre partisan
Au-delà de la présidence, la composition du bureau de la 10ᵉ législature traduit une volonté de continuité, tant dans les hommes que dans la répartition des postes. Sur les sept membres du bureau, cinq avaient déjà siégé lors de la législature précédente. L’UPR, formation majoritaire, obtient quatre postes, dont la présidence, tandis que le Bloc républicain décroche trois sièges, soit un de plus que lors de la 9ᵉ législature. Une répartition qui reflète fidèlement le rapport des forces issu des urnes.
Le député du Bloc républicain Barthélémy Kassa est reconduit au poste de premier vice-président, fonction qu’il occupait déjà sous la précédente mandature. Il a été élu avec 108 voix pour et une voix contre. Le professeur Mahougnon Kakpo, de l’UPR, accède au poste de deuxième vice-président, après avoir été premier secrétaire parlementaire lors de la 9ᵉ législature.
Questure et secrétariat : stabilité et nouveaux visages
À la questure, la stabilité est également de mise. Djibril Amadou Labiou (UPR) est reconduit comme premier questeur, tandis que Chantal Ahyi (BR) conserve son poste de deuxième questeur. Elle demeure l’unique femme du bureau, un chiffre révélateur de la faible représentation féminine aux postes de décision parlementaire. Au secrétariat parlementaire, David Godonou Houinsa (UPR) est promu premier secrétaire parlementaire, après avoir occupé le poste de deuxième secrétaire. Le maire de la ville de Parakou, Inoussa Chabi Zimé (BR), fait quant à lui son entrée au bureau en tant que deuxième secrétaire parlementaire, confirmant l’ouverture du bureau à de nouveaux profils politiques.
Fait marquant de cette nouvelle configuration : l’absence totale de l’opposition parlementaire. Le poste de deuxième vice-président, autrefois occupé par Léon Basile Ahossi du parti Les Démocrates, passe désormais à la majorité présidentielle, conséquence directe de l’absence de cette formation à l’Assemblée nationale. Cette situation confère au bureau un caractère homogène, entièrement acquis à la mouvance présidentielle, et pose la question du rôle du Parlement en matière de contre-pouvoir et de contrôle de l’action gouvernementale.



