Recrudescence des abus sexuels sur enfants en RDC


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Enfant à la fenêtre @Unsplash
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L’Unicef alerte sur une explosion des cas de viols et agressions contre les mineurs, avec plus de 35 000 signalements en neuf mois.

Un fléau national touchant toutes les provinces

L’Unicef tire la sonnette d’alarme face à l’augmentation des viols et agressions sexuelles contre les enfants en République démocratique du Congo (RDC). Entre janvier et septembre 2025, plus de 35 000 cas ont été enregistrés dans tout le pays, selon un rapport publié le 30 décembre dernier. Si les conflits armés restent un facteur majeur, ce fléau est désormais national : toutes les provinces sont touchées, dans un contexte d’impunité et d’aggravation de la pauvreté.

L’Est dévasté, mais Kinshasa et le Kasaï aussi touchés

Les provinces de l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri), ravagées par trois décennies de violences, concentrent la majorité des cas, principalement commis par des groupes armés non étatiques. Le rapport souligne cependant une hausse marquée depuis 2022 dans l’ensemble du pays. Kinshasa et le Kasaï central enregistrent aussi un nombre élevé d’agressions liées à la pauvreté extrême, qui accentue la vulnérabilité des enfants.

Les filles principalement visées, mais les garçons aussi victimes

Les filles représentent 82% des survivants signalés en 2024 (contre 73% en 2022), les adolescentes étant les cibles principales. Les garçons, enfants handicapés et déplacés internes subissent également ces violences, souvent non dénoncées par peur de la stigmatisation. « Les enfants sont parfois agressés en allant à l’école ou chercher de l’eau, ou même au sein de leur foyer par des proches », note le rapport. Les mères doivent parfois marcher des heures pour atteindre un centre de santé.

Accès limité aux soins et appel urgent à l’action

Les victimes font face à des blessures graves, grossesses non désirées, risques de VIH et séquelles psychologiques profondes (anxiété, dépression, rejet social). Pourtant, l’accès aux soins reste limité par la distance, le coût et le sous-financement des programmes : seulement 23% en 2025, contre 48% en 2022. L’Unicef conclut par un appel vibrant : « Les enfants ont des droits, les enfants veulent la paix : écoutez-les et agissez. »

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Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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