États-Unis – Afrique : un sommet sur les minerais critiques en préparation


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Le 4 février, Washington réunira plusieurs pays africains, dont la RDC, le Kenya et la Guinée, pour un sommet ministériel sur les minerais critiques. Une séquence diplomatique qui illustre la volonté des États-Unis de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement face à la montée en puissance de la Chine.

Une réunion internationale sur les minerais critiques se tiendra le 4 février prochain entre les États-Unis et plusieurs pays africains, parmi lesquels les plus directement concernés que sont la République démocratique du Congo, le Kenya et la Guinée. Cette rencontre vise à renforcer la coopération autour de ressources devenues stratégiques pour les économies et les industries de haute technologie.

Après l’initiative américaine autour d’un « conseil de paix » pour la bande de Gaza, Washington s’attaque désormais plus frontalement à la question des minerais critiques. L’objectif affiché du président Donald Trump est de remettre les États-Unis au centre du jeu international, tout en consolidant les chaînes d’approvisionnement nationales pour réduire la dépendance à la Chine, devenue incontournable dans ce secteur. Ces minerais sont indispensables à la fabrication de nombreuses technologies de pointe, ce qui explique aussi l’attention portée à des zones riches en ressources, comme le Groenland.

Washington veut sécuriser ses chaînes d’approvisionnement

C’est sur sa page X que le département d’État a annoncé que Marco Rubio accueillerait des « partenaires du monde entier » pour une réunion ministérielle consacrée aux minerais critiques le 4 février. Le message précise que « le renforcement des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques avec nos partenaires internationaux est essentiel pour la sécurité économique et nationale des États-Unis, leur leadership technologique et un avenir énergétique résilient ».

La présence de plusieurs États africains, principaux producteurs de minerais critiques nécessaires aux industries de pointe, confirme la volonté américaine de sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en ressources stratégiques. Ce thème a déjà été mis en avant lors du G7 du 13 janvier, puis par le chef du département Afrique lors de l’investiture du président Mamadi Doumbouya, le 17 janvier dernier en Guinée.

Si l’initiative est jugée positive par certains observateurs, elle soulève aussi des interrogations majeures : impact environnemental de l’intensification de l’exploitation, retombées économiques réelles pour les pays africains, conséquences sur l’emploi local, la sécurité des populations et, plus largement, sur les droits et les attentes des sociétés civiles africaines.

Franck Biyidi
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Franck Biyidi est diplômé de l'IRIC (Institut des Relations Internationales du Cameroun) je suis spécialiste des relations internationales au sein de la Francophonie et de l'Union Africaine et de tout ce qui touche la diplomatie en Afrique francophone
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