
Alors que son départ du ministère de la Culture semble acté, Rachida Dati candidate à la Mairie de Paris se retrouve au cœur d’une nouvelle polémique. L’hebdomadaire satirique Le Canard Enchaîné révèle comment la ministre a joué les défenseuses du roi du Maroc face à un livre embarrassant.
C’est une nouvelle révélation qui tombe mal pour Rachida Dati. Selon le Canard Enchaîné, la ministre de la Culture aurait personnellement appelé Bruno Jeudy, directeur de la rédaction de La Tribune Dimanche, après la publication d’une interview de Thierry Oberlé, ex-grand reporter du Figaro. L’objet de son courroux ? Le livre « Mohammed VI – Le Mystère » (Flammarion), qui lève le voile sur la vie privée du souverain marocain et l’implication de hauts personnages dans le trafic de drogue.
« Elle m’a dit : les Marocains ne sont pas du tout contents de votre papier », rapporte l’hebdomadaire. Ministre de la Culture française ou ministre de la Communication marocaine ? Le Canard Enchaîné pose la question sans détour.
Une proximité ancienne avec le Palais
Les liens entre Rachida Dati et le royaume chérifien ne datent pas d’hier. L’hebdomadaire satirique rappelle que cette proximité remonte au moins à 2007, lors de la visite d’État de Nicolas Sarkozy au Maroc, où le président français avait emmené sa garde des Sceaux. Depuis, les relations n’ont cessé de se renforcer.
Rachida Dati entretient notamment une amitié étroite avec Samira Sitaïl, l’ambassadrice du Maroc en France. Au fil des années, elle serait même devenue « comme un membre de la famille aux yeux du monarque », affirme le Canard. « Elle l’appelle directement, sans passer par son entourage », assure un communicant cité par l’hebdomadaire.
Deux Franco-Marocaines en lice pour Paris
L’ironie veut que Rachida Dati, qui brigue la mairie de Paris, se retrouve en concurrence avec une autre personnalité d’origine marocaine : Sarah Knafo, compagne d’Éric Zemmour et tête de liste Reconquête dans la capitale. Deux trajectoires diamétralement opposées, deux visions de la France, mais une même origine qui témoigne de la place croissante de la communauté franco-marocaine dans le paysage politique français.
Le Maroc, roi du lobbying en Europe
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large d’influence marocaine sur les institutions françaises et européennes. Le « Marocgate », qui a éclaboussé le Parlement européen fin 2022, a révélé un système de corruption présumée impliquant des eurodéputés, dont l’ancienne vice-présidente Eva Kaili.
En France, le licenciement de Rachid M’Barki, journaliste de BFM TV, en 2023, pour des soupçons de liens avec les services marocains, avait déjà mis en lumière les tentatives d’influence de Rabat sur les médias français. L’affaire Pegasus, révélant l’espionnage de journalistes et de responsables politiques français par le logiciel marocain, avait également tendu les relations entre Paris et Rabat.
Pourtant, le rapprochement diplomatique s’est accéléré. En juillet 2024, Emmanuel Macron reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Une lettre que Rachida Dati aurait elle-même remise « en main propre » à Mohammed VI, selon le Canard Enchaîné. Une information que l’intéressée dément, assurant « ne pas connaître le roi du Maroc ». Au vu des révélations de l’hebdomadaire satirique, cette dénégation semble difficile à croire.
Sollicitée par le Palmipède, Rachida Dati dément avoir appelé des journalistes au sujet du livre d’Oberlé.




