
Le stade Adrar d’Agadir s’apprête à accueillir ce samedi 10 janvier à 20 heures ce qui s’annonce comme le quart de finale le plus chargé d’histoire de cette CAN 2025. D’un côté, la Côte d’Ivoire, championne en titre, portée par une nouvelle génération décomplexée. De l’autre, l’Égypte, recordman de sacres continentaux, qui semble avoir retrouvé sa solidité légendaire.
Mais au-delà de l’enjeu sportif, c’est un parfum de revanche et de vieux démons qui flotte sur cette rencontre.
Le spectre de 2006 plane sur le banc de touche
Pour le sélectionneur ivoirien Émerse Faé, ce match est bien plus qu’une simple étape vers le dernier carré. C’est un saut de vingt ans en arrière. En 2006, au Caire, Faé était sur la pelouse lors de cette finale cruelle perdue aux tirs au but face aux Pharaons. Ironie du sort, il retrouve aujourd’hui sur le banc adverse Hossam Hassan, qui figurait lui aussi sur la feuille de match de cette finale historique.
Cette « piqûre de rappel » est d’autant plus vive que les statistiques sont implacables : sur 11 confrontations en phase finale de CAN, les Éléphants n’ont battu l’Égypte qu’une seule fois, en 1990, pour 10 défaites. Un bilan qui fait de la nation nord-africaine la véritable « bête noire » de la Côte d’Ivoire.
Une atmosphère électrique et des polémiques familières
Comme un écho aux tensions de l’époque, l’avant-match est marqué par des discussions extrasportives. Le choix d’un corps arbitral 100% algérien a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux ivoiriens, certains craignant une solidarité régionale en faveur des Égyptiens. Cette méfiance rappelle les mots de Didier Drogba en 2006, qui estimait que son équipe « dérangeait ».
Sur le terrain, le climat ne sera pas moins hostile. Bien que le tournoi se joue au Maroc, l’Égypte bénéficie d’un soutien massif des tribunes locales, une ferveur qui leur donne presque l’impression d’évoluer à domicile. Hossam Hassan n’a d’ailleurs pas manqué de souligner ce soutien populaire, provoquant une pointe d’agacement chez ses adversaires.
Le réalisme égyptien contre l’insouciance ivoirienne
Sur le plan tactique, Émerse Faé observe une Égypte fidèle à ses principes : un bloc défensif hermétique et une capacité chirurgicale à punir l’adversaire sur ses rares occasions. Avec seulement deux buts encaissés depuis le début de la compétition, les Pharaons comptent sur un Mohamed Salah en mission, déjà auteur de trois réalisations.
Face à ce bloc de béton, la Côte d’Ivoire mise sur sa fraîcheur. Si des cadres comme Amad Diallo assument leur statut de leaders offensifs, Faé n’hésite pas à lancer des jeunes de 19 ans comme Yan Diomandé ou Bazoumana Touré. Pour ces espoirs, le traumatisme de 2006 ou la déroute de 2008 ne sont que des récits lointains. Leur mission est simple : briser la malédiction et prouver que les Éléphants ne craignent plus les Pharaons.




