
Le Conseil de sécurité des Nations unies se prononce ce vendredi 30 octobre sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), dont le mandat expire le lendemain. Le texte soumis au vote, rédigé par les États-Unis, a été nettement remanié depuis sa première version. Une modification a moins retenu l’attention : la plupart des décisions sur la transformation de la mission seront désormais renvoyées au secrétaire général de l’ONU.
Antonio Guterres quitte ses fonctions dans deux mois. Son second mandat de cinq ans s’achève le 31 décembre 2026. Et c’est son successeur qui devra mettre en œuvre ces arbitrages. Les options sur l’avenir de la Minurso, sa réduction ou sa conversion en mission politique pourraient donc être présentées par une nouvelle personnalité, dont le nom n’est pas encore connu à ce jour. Le dossier sahraoui fera ainsi partie des premières affaires sensibles du prochain mandat.
Un texte adouci au fil des négociations
La première version américaine, diffusée le 22 octobre, prévoyait une réduction d’au moins la moitié des effectifs en uniforme avant fin janvier 2027. Elle fixait aussi au 30 avril 2027 la fin du rôle de maintien de la paix, la mission devant ensuite devenir strictement politique. Le plan d’autonomie marocain y était présenté comme la « seule » solution viable. Le Front Polisario avait alors menacé de se retirer du processus si le texte restait en l’état.
Selon les versions révisées rapportées par la presse, ces échéances ont disparu. Le plan marocain de 2007 n’est plus la seule solution, mais « la plus viable », et la référence à l’autodétermination a été réintroduite. Le passage saluant le rôle personnel de Donald Trump aurait été retiré à la demande de la Russie et de la Chine, selon des sources marocaines. Le changement de nom en Minuso, sans le « R » de référendum, reste en revanche prévu.
Le secrétaire général en première ligne
Faute de calendrier précis, le texte révisé maintient désormais la mission en activité et confie au secrétaire général le soin d’étudier des options pour la suite. C’est donc lui qui proposera, le moment venu, le rythme d’une éventuelle baisse des effectifs et les modalités d’une transformation en mission politique. L’envoyé personnel Staffan de Mistura est par ailleurs invité à consulter d’autres interlocuteurs sahraouis, en dehors des seules parties présentes à la table des négociations officielles.
Dans son rapport du 1er octobre, Antonio Guterres avait rappelé le « droit inaliénable à l’autodétermination » du peuple sahraoui et réclamé un véritable processus de consultation des populations concernées. Sa position contrastait avec celle de Washington, qui avait reconnu la souveraineté marocaine sur le territoire dès 2020. En renvoyant les décisions concrètes au secrétariat, le Conseil laisse donc une marge d’appréciation importante à l’occupant du poste, au moment même où celui-ci va changer de titulaire.
Un vote sous haute surveillance
En amont du scrutin, des rassemblements contre le projet américain ont été organisés dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, en Algérie, où vivent environ 170 000 personnes selon les estimations citées par la presse internationale. Le Front Polisario estime que le texte, même révisé, marginalise toujours la perspective d’un référendum d’autodétermination.
Le Maroc considère au contraire que la résolution consolide son initiative d’autonomie de 2007 comme base principale des discussions sous l’égide de l’ONU. L’adoption nécessite neuf voix sur quinze et l’absence de veto d’un membre permanent.








