JOJ Dakar 2026 : d’Athènes à Diamniadio, la flamme au bout du voyage


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Remise de la flamme-olympique (C@ APS)
Remise de la flamme-olympique (C@ APS)

Le samedi 31 octobre, au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, une vasque s’embrasera pour lancer les quatrièmes Jeux olympiques de la jeunesse. Pour la première fois, une compétition olympique se tiendra sur le sol africain. Ce geste clora un périple commencé à Athènes il y a plus de sept semaines. Jusqu’au 13 novembre, environ 2 700 athlètes âgés de 15 à 17 ans, issus de plus de 200 délégations, se disputeront les médailles de 153 épreuves dans 25 sports.

La flamme olympique a été allumée puis remise au Sénégal le 10 septembre au stade panathénaïque d’Athènes, l’enceinte qui avait accueilli les premiers Jeux olympiques modernes en 1896. Quatre jours plus tard, elle partait de Dakar-Plateau pour une tournée nationale. Celle-ci a traversé les 14 régions du pays en plus de trente étapes, jusqu’au 30 octobre. Environ 450 relayeurs devaient la porter, parmi lesquels l’acteur Omar Sy, ambassadeur des Jeux, l’influenceur Khaby Lame et l’athlète Amadou Dia Bâ.

D’Athènes aux quatorze régions

Avant Diamniadio, la flamme a fait étape dans des localités qui ne verront aucune épreuve. Le samedi 24 octobre, à Saly, l’ancien roi des arènes Manga 2 et la chanteuse Viviane Chidid l’ont portée jusqu’à une vasque provisoire, devant une foule nombreuse. Sa tournée s’achève le 30 octobre sur la place de la Nation, à Dakar. Le lendemain, elle rejoindra le stade où le dernier relayeur allumera la vasque olympique devant les spectateurs et les délégations.

Diamniadio occupe une place centrale dans ces Jeux. Cette ville nouvelle, située à une trentaine de kilomètres de la capitale, concentre une partie des infrastructures construites ces dernières années pour désengorger Dakar. Outre le stade, elle accueille pendant les Jeux la Dakar Arena, le centre équestre et le Centre des expositions. Le stade Abdoulaye Wade recevra aussi les épreuves de tir à l’arc, une discipline qui profitera ainsi de la plus grande enceinte de ces JOJ africains.

Un stade né d’un sacre continental

Le stade a été inauguré le 22 février 2022 par le président Macky Sall, deux semaines après la victoire du Sénégal à la Coupe d’Afrique des nations, remportée au Cameroun face à l’Égypte. Construit par l’entreprise turque Summa pour 156 milliards de francs CFA, il comptait alors 50 000 places. Les organisateurs des JOJ évoquent aujourd’hui une capacité de 55 000 spectateurs. Il porte le nom de l’ancien Président Abdoulaye Wade, au pouvoir de 2000 à 2012.

Cette enceinte a déjà accueilli de nombreux matchs des Lions de la Teranga, notamment en éliminatoires de la Coupe du monde. Elle n’avait cependant jamais servi de cadre à un événement d’une telle portée internationale. Pour le Sénégal, la soirée d’ouverture représente donc aussi un test grandeur nature de ses capacités d’organisation, devant les caméras du monde entier et sous le regard du Comité international olympique, qui suit de près cette première africaine depuis l’attribution des Jeux en 2018.

Onze mille participants sur la pelouse

La directrice des cérémonies, Khady Niang, annonce environ 11 000 participants, dont 700 danseurs. Selon elle, ce spectacle doit permettre à l’Afrique de « raconter au monde qui nous sommes, d’où nous venons et où nous voulons aller ». La mise en scène a été confiée à Adama Diop. Le programme doit présenter la culture sénégalaise et la diversité du continent, conformément au slogan des Jeux, « L’Afrique accueille, Dakar célèbre », choisi par le comité d’organisation.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et la présidente du Comité international olympique, Kirsty Coventry, sont attendus dans les tribunes. Élue en 2025, l’ancienne nageuse zimbabwéenne, double championne olympique, est la première femme et la première Africaine à diriger le CIO. Sa présence à Diamniadio, pour les premiers Jeux olympiques organisés en Afrique, aura donc une portée particulière. Elle présidera ainsi l’une de ses premières grandes cérémonies olympiques sur son propre continent, devant un public largement africain.

Un dispositif de sécurité renforcé

Pour encadrer l’événement, les autorités mobilisent environ 14 600 agents, entre forces de défense et de sécurité, secouristes, administrations et collectivités locales. Ils seront répartis sur les trois pôles des Jeux, à Dakar, à Diamniadio et à Saly. Un exercice de simulation d’attaque terroriste et de prise d’otages a été organisé début octobre, en guise de répétition générale. Les gouverneurs, préfets et sous-préfets des zones concernées sont associés à ce dispositif, en lien avec le comité d’organisation.

Les spectateurs auront ensuite deux semaines pour suivre les compétitions sur huit sites, avec des billets vendus entre 1 000 et 3 000 francs CFA, hors cérémonie d’ouverture. Dix sports d’initiation compléteront le programme, accessibles au grand public. Dans un entretien accordé avant les Jeux, Omar Sy résumait l’esprit de l’événement en ces termes : « La jeunesse est ce qu’il y a de plus lumineux, plein d’espérance ». Il reste deux jours avant l’ouverture.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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