
Une traversée d’une violence extrême
Fytia a touché terre samedi à l’aube dans le nord-ouest de l’île, à proximité de Majunga, avec des rafales de vent impressionnantes atteignant les 210 km/h. Durant toute sa traversée du territoire malgache, le système a déversé des pluies diluviennes avant de ressortir en mer par la côte est le dimanche matin. Bien que rétrogradé au rang de tempête tropicale modérée lors de sa sortie, le phénomène a provoqué des inondations massives. Plus de 7 200 personnes ont dû être relogées en urgence dans les 34 sites d’hébergement ouverts par les autorités, tandis que 1 200 autres ont trouvé refuge chez des proches.
Antananarivo sous les eaux et dans la précarité
La capitale n’a pas été épargnée par la fureur des éléments. Durant toute la nuit de samedi à dimanche, des pluies intenses ont submergé de nombreux quartiers, transformant les rues en véritables canaux. Dans le district IV, l’eau a envahi les habitations, atteignant parfois les genoux des résidents et provoquant l’effondrement de structures précaires. Le quotidien des habitants est devenu un défi logistique : pour se déplacer, certains n’ont d’autre choix que d’emprunter des charrettes tirées à la main pour franchir les zones inondées. Face à cette détresse, le BNGRC a promis le déploiement de pompes pour évacuer l’eau stagnante, bien que l’étroitesse et la vétusté des canaux d’évacuation freinent les opérations.
Une menace sanitaire sur fond d’épidémie
Au-delà des dégâts physiques, les autorités s’inquiètent d’une possible crise sanitaire. Les inondations surviennent alors que Madagascar est déjà confrontée à une épidémie de mpox. La stagnation des eaux et la promiscuité dans les centres d’hébergement d’urgence constituent des facteurs de risque majeurs pour la propagation des maladies. Une vigilance accrue a été demandée à la population et aux services de santé pour éviter que la catastrophe naturelle ne se double d’une urgence médicale incontrôlable. Pendant ce temps, Fytia poursuit sa route en mer, se dirigeant désormais vers le sud-ouest de l’île de la Réunion, tout en perdant progressivement de sa puissance.




