
La crise des inondations qui frappe le sud de l’Afrique prend une tournure aussi imprévue que dangereuse au Mozambique : les eaux déchaînées du fleuve Limpopo ont submergé des zones urbaines, entraînant avec elles des crocodiles jusque dans les rues de certaines villes.
Des crocodiles en pleine ville. Il s’agit là d’une des conséquences au Mozambique des inondations monstres qui frappent depuis quelques jours l’Afrique australe. Cette situation expose les populations à de réels dangers.
Des crocodiles dans les zones habitées
Dans plusieurs localités, notamment Xai-Xai, capitale de la province de Gaza, mais aussi à Moamba, dans la province de Maputo, des habitants et autorités ont signalé la présence de crocodiles dans des zones qui étaient auparavant urbaines et densément peuplées. Les eaux du Limpopo, gonflées par des pluies torrentielles et les lâchers de barrages en amont, ont rompu les digues naturelles qui séparaient le fleuve de la vie quotidienne. Les reptiles, pris dans ces courants, ont été poussés vers des quartiers résidentiels submergés.
Selon des responsables locaux, au moins trois personnes ont déjà été tuées par des crocodiles dans ces circonstances exceptionnelles, dont un homme qui aurait été englouti par un reptile à Moamba. D’autres attaques auraient causé plusieurs blessés. Face à cette menace, les autorités appellent les populations à éviter les eaux stagnantes et à se tenir à l’écart des zones inondées tant que la situation n’est pas maîtrisée.
Une catastrophe naturelle aux dimensions historiques
Les épisodes climatiques extrêmes qui ont précédé cette crise ne sont pas anodins. Depuis plusieurs semaines, des pluies diluviennes touchent le Mozambique, mais aussi l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, provoquant des inondations généralisées. Cette série de phénomènes a déjà causé plus de 100 décès dans la région, avec un bilan mozambicain provisoire qui s’élève à au moins 13 morts dans le pays.
Plus de 700 000 personnes ont été affectées, dont une majorité d’enfants, et des dizaines de milliers de maisons ont été détruites ou gravement endommagées. Dans les provinces de Gaza, Maputo et Sofala, les écoles, routes, ponts et centres de santé ont subi des dégâts massifs, rendant l’accès aux services essentiels extrêmement difficile.
Le contexte humanitaire s’aggrave
Au-delà des risques immédiats liés aux animaux sauvages, la crise humanitaire s’intensifie. Les agences internationales, dont l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM), tirent la sonnette d’alarme face à la menace de maladies d’origine hydrique, de malnutrition et de rupture des chaînes logistiques. Des milliers de personnes déplacées vivent désormais dans des abris temporaires, souvent sans accès à l’eau potable, à la nourriture ou à des soins médicaux adéquats.
De nombreux centres de santé ont été détruits ou sont inaccessibles. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités sanitaires locales soulignent qu’il est urgent de rétablir les services de santé de base pour éviter une crise sanitaire dans une population déjà vulnérable.
Une catastrophe amplifiée par le changement climatique
Les scientifiques et experts en climat rappellent que des épisodes de pluie extrême et des crues de grande ampleur deviennent plus fréquents dans la région, en lien avec le changement climatique. Les inondations actuelles sont comparées à celles de l’an 2000, qui avaient déjà fait des centaines de victimes et laissé des milliers de personnes sans abri. Mais cette fois, malgré une meilleure préparation et des systèmes d’alerte plus avancés, l’ampleur des dégâts pose un défi colossal aux autorités mozambicaines et aux organisations humanitaires internationales.
Et ce phénomène rare de crocodiles en milieu urbain souligne à quel point les conséquences des inondations peuvent être imprévisibles et périlleuses, au-delà des simples dégâts matériels.




