Tempête exceptionnelle en Algérie : des vents jusqu’à 120 km/h placent plusieurs wilayas en alerte rouge


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Des rafales de vents
Des rafales de vents

Une vaste perturbation atmosphérique s’apprête à balayer une grande partie du territoire national, plaçant de nombreuses wilayas algériennes sous haute surveillance. Des rafales d’une puissance inhabituelle, annoncées sur plusieurs régions du pays, pourraient provoquer d’importantes perturbations dans les transports, l’approvisionnement en électricité et la vie quotidienne. Face à cet épisode venteux d’ampleur exceptionnelle, les autorités algériennes renforcent les mesures de prévention et appellent les citoyens à la vigilance.

L’Algérie fait face à un épisode météorologique d’une intensité rare. Les services de la météo nationale ont déclenché une alerte rouge de niveau 3, le seuil le plus élevé, en raison de vents violents pouvant atteindre localement 120 km/h, une situation peu fréquente dans le nord du pays. Plusieurs régions, notamment dans l’Est, le Centre et l’Ouest, sont concernées par ce phénomène qui pourrait engendrer d’importants dégâts matériels et perturber les activités quotidiennes.

Quatorze wilayas de l’Est sous la menace

Selon l’Office national de météorologie (ONM), les premières zones touchées se situent à l’Est du pays. Pas moins de 14 wilayas sont placées en vigilance maximale, parmi lesquelles Annaba, El Tarf, Skikda, Jijel, Béjaïa et Constantine, mais aussi des wilayas de l’intérieur comme Batna, Sétif, Mila ou Oum El Bouaghi. Les vents, soufflant d’Ouest à Sud-Ouest, devraient se manifester à partir de mercredi à 19 heures et se prolonger jusqu’à la matinée de jeudi. Les vents violents annoncées dépassent largement les normales saisonnières : en temps ordinaire, les vents dans le nord de l’Algérie atteignent rarement 80 à 90 km/h, même lors d’épisodes hivernaux marqués.

L’alerte ne se limite pas à l’Est du pays. Les wilayas du Centre, dont Alger, Boumerdès, Blida, Tipasa et Tizi Ouzou, ainsi que Chlef et Aïn Defla à l’Ouest, sont elles aussi exposées à des vents de même intensité. Dans ces régions, les rafales sont annoncées dès ce mercredi à 14 heures et pourraient persister jusqu’à jeudi soir. Cette extension géographique accroît les risques, notamment dans les zones urbaines densément peuplées. À Alger et sa périphérie, où vivent plus de 5 millions d’habitants, les autorités redoutent des chutes d’arbres, des coupures d’électricité et des perturbations du trafic routier.

Une alerte rare dans l’historique climatique récent

Les spécialistes soulignent le caractère exceptionnel de cette situation. Une alerte rouge liée exclusivement au vent reste peu courante en Algérie, contrairement aux alertes pour fortes pluies ou canicules. Les bourrasques, pouvant atteindre 120 km/h, se rapprochent de celles observées lors de tempêtes méditerranéennes majeures, susceptibles d’arracher des toitures légères et de faire chuter des pylônes ou des panneaux publicitaires.

Selon des données climatiques nationales, moins de 5 épisodes venteux de cette intensité ont été enregistrés dans le nord du pays au cours des 20 dernières années. Face à ces prévisions, la Protection civile algérienne a diffusé une série de consignes préventives strictes. Les citoyens sont invités à sécuriser les objets exposés sur les balcons et les toits, notamment les antennes, plaques métalliques et bacs à fleurs, qui peuvent devenir de véritables projectiles sous l’effet des rafales.

Précipitations abondantes et chutes de neige significatives

Les automobilistes sont également appelés à la prudence : réduire la vitesse, maintenir fermement le volant et éviter les déplacements non essentiels, en particulier à proximité des arbres, poteaux électriques et chantiers. Chaque année, les intempéries sont responsables de plusieurs centaines d’interventions de la Protection civile, dont une part importante est liée aux vents violents. Depuis plusieurs semaines, le Nord de l’Algérie enregistre des précipitations abondantes et des chutes de neige significatives sur les reliefs, notamment au-dessus de 1 000 mètres d’altitude.

Ces apports ont permis une hausse notable du taux de remplissage des barrages, estimée à plus de 40% au niveau national, contre moins de 30% l’an dernier à la même période. Cette amélioration ravive l’espoir d’une campagne agricole plus favorable, après près de sept années de sécheresse sévère ayant durement affecté les régions du Centre et de l’Ouest. Certains barrages, totalement à sec ces dernières années, ont recommencé à recevoir des volumes d’eau significatifs.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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