Alerte au Mpox : Madagascar sous surveillance, La Réunion garde son calme


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Mpox virus
Mpox virus

Madagascar a placé plusieurs régions sous surveillance après la confirmation de cas de Mpox, anciennement appelé variole du singe. Sur la côte ouest de la Grande Île, les autorités sanitaires ont renforcé les contrôles et réactivé des mesures héritées de la période Covid. À La Réunion, malgré la proximité géographique et les échanges constants, les voyageurs affichent un calme relatif. Les autorités sanitaires estiment pour l’heure que le risque de propagation vers l’île demeure limité, tout en appelant à la vigilance.

L’ombre de la variole du singe, désormais connue sous le nom de Mpox, plane de nouveau sur l’océan Indien. Alors que les autorités malgaches multiplient les mesures d’urgence pour circonscrire des foyers infectieux sur la Grande Île, une atmosphère singulière règne à l’aéroport Roland Garros de La Réunion ce dimanche 4 janvier. Entre vigilance sanitaire et flegme des voyageurs, la gestion de cette menace épidémique révèle des approches contrastées de part et d’autre de la mer.

Un foyer localisé dans la région de Majunga

Le cœur de l’alerte se situe actuellement sur la côte ouest de Madagascar. Le ministère de la Santé malgache a officiellement confirmé cinq cas de contamination dans la localité de Majunga, où la vigilance est maximale. Au total, quarante cas suspects font l’objet d’un suivi rigoureux par les services épidémiologiques. Les symptômes, associant fièvre brutale, maux de tête, ganglions enflés et éruptions cutanées caractéristiques, imposent une réactivité immédiate pour stopper la chaîne de transmission de ce virus particulièrement contagieux.

Face à la menace, Madagascar a ressorti son arsenal de défense sanitaire. À la gare routière Maki d’Antananarivo, l’ambiance rappelle les heures sombres de la pandémie de coronavirus. Des barrages sanitaires ont été érigés et les véhicules en provenance de Majunga subissent une désinfection systématique. Le port du masque est redevenu obligatoire dans l’ensemble des établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Pour les voyageurs locaux, l’inquiétude est palpable, notamment à la gare routière où de nouveaux circuits de circulation ont été mis en place pour isoler les passagers arrivant des zones à risque.

La sérénité paradoxale des voyageurs réunionnais

Malgré la proximité géographique et l’intensité des échanges, les passagers en partance de La Réunion affichent une tranquillité frappante. Dans les files d’enregistrement pour Antananarivo, le sentiment dominant est celui d’une menace circonscrite. Pour beaucoup, comme Patrick, voyageur d’affaires, l’absence de cas signalés dans la capitale justifie cette absence d’angoisse.

D’autres voyageurs, bien que conscients de la fragilité des conditions d’hygiène locales, comptent sur les précautions individuelles et la distanciation pour se protéger. Cette sérénité s’appuie également sur le discours rassurant de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de La Réunion, qui estime qu’à ce stade, le risque d’importation massive sur l’île reste faible.

Des événements sportifs et sociaux en suspens

Si la sérénité domine à l’aéroport, l’incertitude commence à gagner le secteur de l’événementiel dans les terres malgaches. À Antsirabe, dans le centre du pays, des organisateurs de manifestations sportives, notamment dans le milieu de la boxe, s’interrogent sur le maintien de leurs galas.

Le spectre d’une propagation vers les hauts plateaux pourrait forcer les autorités à durcir davantage les mesures de restriction. Pour l’heure, le pays reste suspendu aux résultats des analyses des cas suspects, tandis que les sites d’isolement se tiennent prêts à accueillir de nouveaux patients.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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