Golfe de Guinée : que vient faire Le Mistral, un porte-hélicoptères français dans les eaux béninoises ?


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Golfe de Guinée : que vient faire Le Mistral, un porte-hélicoptères français dans les eaux béninoises ?
Le Mistral

Du 22 au 27 octobre 2026, le porte-hélicoptères amphibie français Le Mistral fera escale à Cotonou. Selon l’état-major général des Forces armées béninoises, des manœuvres conjointes sont prévues pour renforcer la lutte contre la piraterie et les trafics illicites dans le Golfe de Guinée.

Dans un communiqué publié ce vendredi 16 octobre 2026, le ministère béninois de la Défense nationale annonce la présence du Mistral dans les eaux territoriales béninoises du 22 au 27 octobre. « Cette escale à Cotonou s’inscrit dans le cadre de l’opération de coopération maritime régionale CORYMBE, un dispositif permanent pour la sécurité maritime dans le golfe de Guinée« , précise le document.

Dans le cadre de cette mission, des manœuvres et des exercices conjoints sont prévus en mer comme à terre pour renforcer les capacités des marines partenaires face aux menaces qui affectent cette zone maritime, notamment la piraterie, les trafics illicites et la pêche illégale. Le communiqué ne donne toutefois pas de détails sur le calendrier des exercices ni sur les effectifs qui y participeront.

Le Mistral, un bâtiment capable de projeter des troupes et des hélicoptères

Le Mistral n’est pas un simple navire de patrouille. Classé comme porte-hélicoptères amphibie (PHA), il est conçu pour transporter et déployer des hélicoptères, des troupes, des véhicules et du matériel depuis la mer vers la terre. Il peut également accueillir un dispositif médical et soutenir différentes opérations militaires ou humanitaires.

Selon le média spécialisé Mer et Marine, le bâtiment a quitté la base navale de Toulon le 23 septembre 2026 pour rejoindre l’Afrique de l’Ouest dans le cadre de la mission CORYMBE.

Une coopération franco-béninoise qui irrite Niamey

Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au Niger, les relations entre Niamey et Cotonou se sont dégradées. La frontière entre les deux pays est restée fermée du côté nigérien, malgré plusieurs démarches entreprises par les autorités béninoises et les anciens présidents Boni Yayi et Nicéphore Soglo.

Et pour cause, Niamey affirme que Cotonou abriterait des bases militaires françaises où des terroristes seraient entraînés dans le but de déstabiliser le régime nigérien. Le Bénin a démenti ces accusations.

Le 29 janvier 2026, le président nigérien Abdourahamane Tiani a accusé les présidents français, béninois et ivoirien d’avoir soutenu l’attaque contre l’aéroport de Niamey. Le 4 septembre suivant, après une attaque menée par des soldats mutins contre une base militaire dans la capitale nigérienne, le gouvernement nigérien a de nouveau accusé la France d’avoir encouragé les assaillants.

Malgré ces tensions, des démarches ont été engagées pour tenter de rapprocher les deux pays. À la suite de la visite du président béninois Romuald Wadagni à Niamey, le 2 juin 2026, des comités d’experts béninois et nigériens ont travaillé sur la question de la réouverture de la frontière. En juin, ils ont remis leurs rapports respectifs aux deux chefs d’État. Cette démarche n’a toutefois pas encore abouti à une réouverture de la frontière.

Dans ce contexte, l’arrivée d’un bâtiment militaire français de premier plan à Cotonou risque en effet d’être observé avec la plus grande méfiance depuis Niamey.

Casimir Vodjo Kpenou
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Vodjo Kpenou Casimir est un journaliste béninois basé à Cotonou, titulaire d'une licence en journalisme de l'Institut Universitaire Panafricain de Porto-Novo (2019). Il a forgé son expérience dans des rédactions web africaines. Engagé dans la lutte contre la désinformation, il est membre actif de l'African Fact-Checking Alliance et contributeur au réseau Wikipédia pour l'Afrique francophone.
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